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Marie-Camille

Je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi la Loi est si présente, si importante : elle n’apparaît pas si fréquemment dans l’Evangile. La chrétienté est une grande famille, dans les familles, on s’aime… Dans la famille de Dieu, du Christ, on s’aime encore plus fort, avec plus de perfection, ou du moins on devrait.

Que vient faire la loi dans les familles ? Dans les familles, il y a de l’amour, de la bienveillance ; la règle, la « loi » est naturelle, vient du cœur, et les actions de ses membres motivées par cet amour, amour magnifié par Dieu qui est l’amour absolu et, puisqu’il est notre Père-Mère ne s’appesantit pas sur nos manques, est bienveillant vis-à-vis de nos difficultés. Les parents refusent-ils de donner à manger à leurs enfants qui n’ont pas agi selon leurs désirs ? Pourquoi les divorcés-remariés sont-ils interdits d’Eucharistie ? Je trouve cela scandaleux en regard de l’Evangile. J’en suis mais irai vers Dieu en toute confiance, comme un enfant vers ses parents, en sachant que son amour paternel-maternel est infini et que j’en suis bien plus aimée que de mes parents.

L’Eglise catholique est décidément bien dure et sans compassion ; qu’en dirait le Christ?

Christine Fontaine

Merci beaucoup pour votre réaction que je comprends tout à fait. J'ai essayé de dire que l’Église catholique ne peut pas tenir sans un va-et-vient entre la loi de l’Évangile qui interdit de juger quiconque et les lois particulières qui déclenchent des modèles de comportements donc des images qui sont nécessairement injustes car chacun de nous "vaut" bien plus que ce qu'il peut imaginer ou concevoir. Donc toute loi particulière est en ce sens injuste. Reste que l'on peut se tromper et prendre le chemin de la "mort" pour celui de la vie. Même dans une famille il y a des lois ne serait-ce que l'interdit de l'inceste.

Toute loi ne permet qu'en excluant. Il y a bien l'option protestante : eux n'ont d'autres lois que l’Évangile. Mais elle est aussi risquée, me semble-t-il. On voit bien des pasteurs (par exemple en Haïti lors des cataclysmes) entraîner des croyants dans leur propre délire en disant que les catastrophes naturelles sont de la faute des hommes et qu'il suffit de se convertir pour les éviter... Pardon, je me méfie des trop "charismatiques"...

Mais je vois que ce que j'ai écrit est partiel. Vous avez raison de souligner l'injustice que subissent des divorcés remariés à qui on refuse le droit de communier. On les traite comme des pécheurs publics alors que cette femme dont je parlais qui renie sa fille divorcée a le droit de communier.

Marie-Camille

Un grand merci de votre réponse ! Après avoir envoyé mon commentaire, je me suis dit que j'avais omis le côté "devoir" (je n'aime pas ce mot) qu'implique le fait de vivre en famille et en amour ; mais avec l'amour, le devoir est facile et implicite ; bien sûr qu'il y a des interdits, l'inceste peut être le premier, la pédophilie, le scandale (je suis divorcée-remariée et je ne communie que lorsque personne de l'assistance ne me connaît), etc. ; chaque action, chaque sentiment doit être jaugé à la mesure de l'amour... et comme vous le dites si bien, il ne faut pas prendre le chemin de la mort. Je crois que je suis très utopique car on ne peut pas exiger de chacun la bienveillance envers tous les autres...

Les lois sont certainement nécessaires, mais celles de l'Eglise sont dures et ne s'occupent pas de ce qui est important en regard de l’Évangile et de l'Amour ; cette dame qui ostracise sa fille, la pauvre n'a rien compris et son exemple ne va pas contribuer à amener des gens dans l'Eglise.

Maurice

Les exemples de cet article sont très vrais. Les personnes qui vivant dans ces situations sont multiples autour de nous, il y manque celui qui divorcé 2, 3, 4 fois, marié "simplement devant Monsieur le Maire ", peut se remarier une 5ème fois devant ce dernier.... puis à l'Eglise ! Les histoires romaines sont aussi parlantes.
Je suis moi-même divorcé, vivant en couple et non remarié. Je pense que la foi en Dieu et en Jésus, son fils et Dieu lui-même, ma totale confiance en sa miséricorde, le besoin de l'Eucharistie hebdomadaire, voire plus, sont plus forts que la loi stricto sensu.

Paulette

Juste un mot pour vous dire que j'apprecie fort votre courage pour empoigner des sujets qui fachent et que je me retrouve tout a fait dans les exemples choisis.

Marie T.

Cet article, comme celui de Michel Jondot "Rejeter l'exclusion", me permettent de mettre des mots sur ce que je pense sans pouvoir l'exprimer clairement. Il est vrai que l'obéissance à des lois n'a pas sa fin en elle-même. Je trouve que l'Eglise catholique - dans son discours officiel mais aussi bien souvent dans les prédications du dimanche - n'a pas ce "poids d'humanité" que l'on espérerait trouver. Elle "manque d'humanité" et ce manque, pour moi, manifeste un manque de Dieu.

Beaucoup de mes amis sont partis de l'Eglise pour cette raison. Certains sont encore à l'intérieur mais... à la dernière place... au bord de passer de l'autre côté de la porte. Il est bien vrai que le paradoxe actuel de l'Eglise consiste à chasser des croyants. Pour ma part, après avoir participé à l'animation de plusieurs groupes, je m'en suis totalement retirée. Il me reste... la présence à la messe du dimanche soir... Je m'y sens bien étrangère. Mais je m'y tiens (encore?); en effet si je coupe ce fil ténu, que me restera-t-il ? Où trouverais-je le moyen de dire que, malgré tout, je fais partie des croyants alors que rien dans la société aujourd'hui ne permet de rencontrer d'autres chrétiens ?

Jean-Claude

J'aimerais revenir sur la fin du débat inclu dans l'article : sur ce qui concerne la confession des péchés à un prêtre demandée au moins une fois l'an à tous les baptisés. Je rapproche ce passage des exemples donnés au début de l'article : une femme qui a divorcé pour sauver ses enfants et, en se remariant a donné un équilibre à sa famille (mais aussi cette dame qui a avorté, ce jeune homosexuel, etc.); pour ne pas citer aussi presque tous les chrétiens qui pratiquent - en toute bonne conscience - la limitation des naissances.

Si ces personnes allaient se confesser à un prêtre que pourraient-elles dire ? "Je m'accuse de limiter les naissances ? Je m'accuse d'avoir divorcé et de m'être remariée pour sauver ma famille ? Je m'accuse d'avoir avorté alors que je l'ai fait parce que je n'avais vraiment pas la possibilité d'avoir d'autres enfants ?"

L'Eglise s'attend à ce que ces personnes s'accusent d'un mal qu'elles ne croient pas avoir commis. N'est-ce pas le signe d'un malaise profond : entre la hiérarchie et le peuple, le code ne fonctionne plus, ou il fonctionne extrêmement mal.

Merci à l'auteur de cet article de nous avoir rappelé que l'Eucharistie suffit et que la confession des péchés, sous la forme que veut imposer le pape, n'a pas toujours existé. Il faudrait que l'Eglise comprenne que si la plupart des baptisés résistent à pratiquer la "confession auriculaire", ils n'ont peut-être pas "raison"... mais qu'ils ont bien des motifs !

Elisabeth

Je suis d'accord avec ce que dit Jean-Claude. J'aimerais le compléter avec un texte que j'ai écrit un jour à l'Eglise catholique mais pour lequel je n'ai reçu, à ce jour, aucune réponse.

Très Sainte Église catholique, il est un point dont nous désirerions te parler : il s’agit des « célébrations pénitentielles avec absolution collective ».(...)
Comme nous ne sommes pas sûrs que tu te souviennes qu’elles ont existé, permets-nous de réveiller ton souvenir. En ce temps là, on nous conviait à venir un soir de semaine célébrer tous ensemble le sacrement de la réconciliation au cours d’une eucharistie. Chacun, en son particulier, reconnaissait ses défaillances ou plutôt qu’il défaillait souvent. Tous ensemble, nous recevions l’absolution sans passer devant un prêtre pour « avouer son péché ».(...) Cette forme nous convenait tout à fait. D’autant qu’elle n’empêchait pas de se confesser « en privé » si on le désirait.
Tu nous répondras qu’avant, il n’y avait que la confession privée et que cela marchait. Oui mais... c’était avant ! En ce temps-là, il était facile de savoir ce qui était bien ou mal : tu manquais une fois la messe du dimanche, c’était mal ; tu utilisais un préservatif, ce n’était pas bien du tout. Depuis, on ne te fait plus trop confiance en ce qui concerne l’usage du préservatif ; quant à l’assistance des catholiques à la messe du dimanche, tes propres statistiques reposent aujourd’hui sur une fréquentation mensuelle et non plus hebdomadaire.
Aujourd’hui, quand tu appelles les chrétiens à se confesser, il faut les comprendre, ils ne savent plus quoi dire. D’autant que, la plupart du temps, on se sent bloqué – sans bien savoir pourquoi – et c’est là qu’on appelle le secours de Dieu par l’Église. Tes confessions individuelles, pour un très grand nombre de catholiques, ressemblent à une visite chez le médecin. Mais un médecin qui, recevant un patient dans son cabinet, lui dirait : « Dis-moi d’abord le nom de ta maladie pour que je puisse t’en guérir. » Nous osons te le dire aujourd’hui : même si tu insistes nous n’en reviendrons pas à la confession privée, ni même à tes célébrations avec aveu devant un prêtre. Sur ce point, il faudrait vraiment que tu écoutes ce que bon nombre de chrétiens te disent. Ils n’ont pas toujours forcément tort ! Très sainte Eglise catholique, nous sommes de la famille. S’il te plaît, souviens-toi que nous existons. Ne nous oublie pas complètement !

Marie-Camille

Je viens de relire le complément à "Trop d'interdits" et j'ai été particulièrement touchée cette fois par le paragraphe "Le don de Dieu ne se mérite pas" que j'ai mieux compris que lors de la première lecture ; je fais toujours le parallèle avec l'amour parental (ou pourrait le faire avec l'amour, l'amitié...), on n'imagine pas des parents attendre que leurs enfants méritent la nourriture qu'ils leur donnent ! Cet article est très riche et je vais le reprendre et le savourer, comme le reste du site.

Joëlle

En relisant le texte et le débat qui suit, je réalise à quel point il est important de ne pas confondre l'obéissance à des lois et la foi. Cette distinction permet de devenir libre vis-à-vis du magistère. Il est peut-être bon qu'il édicte des lois mais il y a une limite à son pouvoir : il ne peut pas chasser de la communion des croyants. Non, comme cela est dit, qu'il n'en ait pas le droit mais parce que ce n'est pas de l'ordre du droit. Personne ne mérite de communier. Personne n'en a le droit... le droit de l'Eglise ne peut pas s'appliquer jusque là. Je n'y avais jamais pensé et j'ai l'impression que cela change tout.

Françoise

Françoise est une amie d'enfance de Christine Fontaine. Catholique de naissance, elle n'est plus croyante mais reçoit et lit régulièrement les articles de "Dieu maintenant". A la demande de Christine, et en toute amitié, elle exprime ses réactions.

D'après Christine, l'Eglise catholique d'aujourd'hui pose de nombreux interdits concernant les questions de société :
interdiction du divorce
interdiction de l'avortement
interdiction de l'homosexualité
interdiction de l'adultère ........ Par des exemples concrets, Christine montre que les 3 premiers interdits n'ont pas toujours de raisons d'être et que l'Eglise ne devrait pas émettre de jugements intolérants et décider à la place des croyants pour in fine les exclure de l'Eglise.

Mais curieusement, Christine approuve la position de l'Eglise en ce qui concerne l'adultère... " un amour adultère n'est pas un amour vrai " dit elle. Et pourquoi donc ce jugement de valeur qu'elle reproche par ailleurs à l'Eglise ? Pourquoi ne pourrait on aimer deux personnes à la fois ? La loi civile de plus n'interdit plus l'adultère. L'exemple qu'elle donne est spécieux, car pour ce prêtre "amoureux" de toutes les femmes qu'il rencontre, il ne s'agit pas d'amour mais d'une perte complète des valeurs.

Quant à la loi de l'Eglise, la loi ancienne et la loi nouvelle, elle ne concerne que les catholiques. Le pécheur est le croyant qui transgresse les interdits de son église. La loi civile en droit français fixe des règles et des interdictions avec des sanctions à la clef selon la gravité de l'infraction. Elle doit être respectée par tous les citoyens quelque soit leur religion ou leur croyance. Elle interdit toujours de commettre un meurtre ou un vol. Mais contrairement à l'Eglise elle n'interdit pas la colère car la colère est un simple sentiment, seules sont répréhensibles les manifestations de la colère. Elle interdit encore moins de regarder une femme avec envie car personne n'est responsable de ses pensées.

Ainsi donc nous ne sommes pas tous des pécheurs ni des coupables. Mais oui, nous devons faire la vérité en nous, pas pour obéir à un dogme comme nous y invite la confession dans la religion catholique mais parce que cela nous enrichit et nous permet de vivre intensément notre relation aux autres sans fard ni hypocrisie.

Il appartient aux catholiques de savoir si ils souhaitent demeurer dans une structure qu'ils ne comprennent plus ou qu'ils n'approuvent plus. Mais cette problèmatique est identique dans toutes les organisations ( syndicales , politiques...). "Lorsqu'on est ministre , on ferme sa gueule ou on démissionne " avait dit autrefois l'un d'entre eux.

Mais il semble évident qu'en se comportant comme elle le fait, l'église catholique risque de lasser jusqu'à ses membres les plus fidèles. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Seul sans doute l'avenir permettra d'en juger.

Christine Fontaine

Bien sûr, un homme peut aimer plusieurs femmes ou une femme peut aimer plusieurs hommes.
Mais que veut dire « aimer » ? Certes, on peut concevoir des cultures où la polygamie est autorisée. Prenant le relais de la culture romaine, la civilisation européenne s’est construite sur la monogamie. Cette civilisation, sans doute, est en pleine mutation. Reste que la relation conjugale, dans la cohérence chrétienne, est comprise à l’intérieur d’une mystique et d’une éthique particulière. Autre chose est l’indulgence, voire la complaisance, qu’on peut avoir à l'égard d’un conjoint polygame ; autre chose est la conscience qu’il existe quelqu’un dont on peut dire « Je suis unique pour lui/elle ».

La foi chrétienne repose sur la conscience qu’un homme s’est donné tout entier à l’humanité au point d’en mourir. Le croyant peut bâtir sa vie en partageant la conviction que sortir de soi et se donner totalement à un/e autre donne de la saveur à l’existence. Que l’Eglise propose cette conception de l’amour est pour moi légitime. Bien sûr, on peut sortir de l’Eglise si l’on ne partage pas cette manière de concevoir l’amour. Mais on peut vouloir désirer y demeurer malgré tout même si, par ailleurs, on a des reproches à lui faire. Personne ne se prive de critiquer les candidats à la présidentielle ; cela ne signifie pas qu’on veuille pour autant changer de nationalité.

Pour ma part, je serais tenté de croire que tous, quelque part, nous sommes des coupables. La culpabilité est un des visages de la mort à laquelle nul n’échappe. On trouvera toujours quelque part des gardiens d’une loi devant laquelle nous sommes en faute. (Le christianisme n’est pas une morale en son fondement). Il me semble que l’Eglise, dans la mesure où elle ne tient que sur le message de Jésus, a pour mission d’arracher hommes et femmes à la culpabilité (« Nous sommes tous morts au péché » disait Saint-Paul). Elle sort de son rôle quand elle multiplie les interdits ; c’est du moins ma conviction. Je préfère m’accrocher à ce qui, en elle, est plus qu’elle et que je ne trouverai nulle part ailleurs. Je m’efforce de trouver le moyen de faire entendre cette réalité qu’elle occulte souvent.

Autrement dit, la question pour moi n'est pas de savoir si je souhaite ou non demeurer dans une structure. C’est précisément parce que je veux demeurer en Eglise que je souhaite voir s’abolir certains comportements ecclésiastiques.