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Le Christ, roi de l'univers

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc
Lc 23, 35-43

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. » Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Nouvelle homélie : l'amour de l'ennemi
Christine Fontaine

La parabole des deux frères
Michel Jondot

La joie parfaite
Christine Fontaine


l'amour de l'ennemi

Ainsi va le monde

« Les chefs tournaient Jésus en dérision. »
« Les soldats aussi se moquaient de lui. »
« L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait. »
Depuis les chefs jusqu’au dernier des malfrats en passant par les soldats, tous ont le même cri : « Si tu es le roi des juifs sauve-toi toi-même. » Ils sont tous ensemble pour une fois réunis. Si Jésus est roi qu’il le leur prouve. Qu’il descende de la croix ! Il manifestera alors que le pouvoir des chefs et celui des soldats n’a pas eu le dernier mot sur lui. Ils auront trouvé leur maître et s’inclineront devant lui ! Mais ni les hommes de pouvoir ni leur armée ne croient un seul instant qu’ils vont trouver plus fort qu’eux. C’est par dérision et par moquerie qu’ils s’expriment.

Quant au peuple, il reste là à observer. Il attend de voir comment la situation va tourner pour choisir son camp. Le peuple pris dans son ensemble – la « masse » disait Hannah Arendt – est toujours prudent : il « observe » avant de s’engager de peur de choisir le mauvais camp, celui des vaincus… Le petit peuple n’a pas les moyens de lutter contre les grands… Et ceux-ci savent bien que la masse les suivra tant qu’ils seront les plus forts ! Rien ne peut ébranler la toute-puissance des grands, sauf s’ils rencontrent plus fort qu’eux. Dans ce cas ils se soumettent pour participer à ce pouvoir supérieur et le peuple une fois encore les suit. Ce qui s’est joué le jour de la Croix, se reproduit à chaque époque de l’histoire. C’est la soumission de l’Allemagne au pouvoir d’Hitler et des nazis, ou celle des français au gouvernement de Vichy sous Hitler ; c’est la soumission de presque tous les peuples au pouvoir de l’argent aujourd’hui.

Ainsi va le monde, le pouvoir du monde. Le plus fort ou le plus riche opère une force d’attraction à laquelle il semble bien vain de vouloir résister.

Ainsi va le Royaume

Jésus, au jour de la Croix, semble se laisser briser par les puissants de son peuple. En vérité, il refuse – quitte à en mourir – de tomber dans leur piège. Il ne vaincra pas la force par une force supérieure. Il ne vaincra pas le mépris où on enferme l’homme humilié par un égal mépris à l’égard de ceux qui le crucifient. Jésus se tait. Mais son silence est le moment ultime de son combat contre la volonté de puissance qui écrase l’humanité et la conduit à la mort.

« Si tu es roi, viens prendre le pouvoir sur nous : manifeste que tu es le plus fort en descendant de cette croix où nous t’avons cloué ! », lui crient les chefs qui représentent le pouvoir et les soldats qui représentent la force. Mais c’est un piège que l’on tend à Jésus ! Répondre à la force par une force supérieure serait jouer le jeu des grands. Si Jésus descendait de la Croix, en apparence il serait vainqueur mais, en fait, il se serait rendu à l’ennemi en entrant dans son jeu. Jésus règne en brisant la loi du plus fort. Il révèle alors une autre loi au plus profond de l’humanité : celle de la miséricorde pour le bon larron, celle de l’amour pour ses ennemis. Les chefs ont voulu prendre Jésus au piège et ils sont tombés dedans. Jésus a refusé de lutter contre ses ennemis en prenant les mêmes armes qu’eux. Et c’est ainsi qu’une fois pour toutes et pour toujours il a désarmé l’ennemi ! Jésus a donné sa vie jusqu’à la mort pour révéler qu’on ne peut pas vaincre les puissants par une puissance supérieure mais par l’amour des ennemis.

L’amour des ennemis implique que l’on reconnaisse où est l’ennemi. L’ennemi de Jésus est bien repéré par lui : c’est la volonté de puissance qui s’empare de l’humanité. Il s’est battu contre elle toute sa vie. Il a dénoncé jour après jour le pouvoir des scribes et des pharisiens sur le peuple, le pouvoir de ceux qui écrasent les petits sous des fardeaux qu’ils sont eux-mêmes incapables de porter. Il a dénoncé pendant toute son existence la volonté de puissance mais il ne l’a définitivement vaincue qu’au jour de la Croix. Il l’a prise au piège en exerçant sur elle une loi supérieure à toutes le autres : celle de l’Amour. Entendons bien : Jésus n’a pas aimé l’injustice qu’on lui faisait, il n’a pas aimé le mépris, les injures et les coups. Il est demeuré dans l’amour envers ceux qui n’étaient en rien aimables et qui lui portaient ces coups. Il les a aimés malgré tout, sans raison ! Il a fait apparaître au cœur de l’humanité une loi toute autre et bien supérieure à celle des puissants : celle de l’amour de Dieu pour nous, un amour « pour rien », un amour que rien – pas même la mort – ne peut détruire.

Ainsi vont les croyants

Nous vivons dans un monde qui est soumis à l’esclavage par la volonté de puissance des uns sur les autres. « Ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage mais vivez dans la liberté des enfants de Dieu », écrit Saint Paul. La liberté des enfants de Dieu consiste à aimer sans limite, comme Jésus en Croix aimait ses ennemis. L’amour chrétien n’est pas un sentimentalisme. C’est toujours un combat à mort contre la volonté de puissance des uns sur les autres. Pour mener ce combat il faut d’abord repérer l’ennemi en soi-même comme dans les autres. Car nous sommes tous tentés de répondre par la force au droit du plus fort. Il faut ensuite ne pas céder à l’ennemi ; c’est-à-dire ne pas utiliser les mêmes armes que lui. Si nous répondons au mépris des puissants par le mépris, nous sommes retenus dans le mépris. Si nous répondons à la haine par la haine, nous sommes prisonniers de la haine. Nous tombons dans le piège des puissants.

Fêter le Christ Roi ne consiste pas à nous prendre pour Jésus-Christ. Lui règne ; ce n’est pas toujours le cas des chrétiens. Fêter le Christ Roi c’est croire, à la suite de Jésus, que l’ennemi de l’humanité est la volonté de puissance des uns sur les autres. C’est demander au Christ de nous donner la force de lutter jour après jour contre elle. C’est nous soutenir mutuellement dans ce combat contre l’injustice. L’injustice qui pousse des populations entières à fuir leur pays, celle qui autorise des riches à habiter dans des palais tandis que les plus démunis n’ont pas de logement. Vouloir le règne du Christ aujourd’hui c’est aussi, quand l’injustice s’abat sur nous, ne pas s’engager dans une surenchère de mépris ou de haine.

Jésus propose aux croyants aujourd’hui comme hier de s’engager sur son chemin : celui qui conduit à l’amour des ennemis. Il s’agit de faire le pas que nous pouvons dans ce sens dès maintenant. Il s’agit aussi de ne pas désespérer de nos échecs. Nous ne sommes pas Jésus-Christ ! Il nous est simplement demandé de croire, envers et contre tout, que ce chemin est celui de la vie et de décider de nous y engager. Il nous est demandé de croire que, sur ce chemin, Jésus nous assistera toujours. Nous tomberons, certes, mais Jésus nous relèvera. Il nous ressuscitera. Fêter le Christ-Roi c’est découvrir que la liberté et la vie ne sont pas seulement au terme mais dans le chemin lui-même !

Christine Fontaine


La parabole des deux frères

Le blasphème et la tendresse

Je me souviens d’une conversation très difficile avec une maman qui traversait une lourde épreuve. Son fils de vingt ans était atteint d’un cancer : une tumeur au cerveau qu’on ne pourrait pas guérir. Cette personne, pourtant croyante, me tenait alors des propos aux allures blasphématoires qu’elle me lançait à la figure comme des insultes. Dieu est cruel. Pourquoi permet-il de pareilles atrocités ? L’Eglise nous trompe en nous disant qu’Il donne la vie et qu’Il est Père ! Notre Père ! Je ne pouvais rien répliquer, bien sûr ! Je ne pouvais qu’écouter. Ce faisant, je m’apercevais que ses propos n’étaient pas à prendre au pied de la lettre. Je n’étais pas dupe de leur contenu. Pourquoi venait-elle à moi pour me parler en ces termes ? Que cherchait-elle sinon une oreille humaine capable d’entendre ? L’apparent rejet de Dieu me semblait une demande, une quête, un appel, le besoin d’une présence devant la disparition qui s’annonçait. Que chacun s’interroge ! Lorsqu’on traverse des moments douloureux, n’éprouve-ton pas deux sentiments contradictoires ? D’une part une colère prête à exploser avec violence et, d’autre part, l’attente de quelqu’un dont la tendresse serait comme un baume sur une blessure ? Haine et amour se conjuguent aisément au cœur d’une même personne aux heures de grande souffrance.

Passion et compassion

L’Ecriture est souvent l’écho de cette duplicité dont nous faisons l’expérience. Je pense, en particulier, à cette parabole qui commence par ces mots : « Un homme avait deux fils ». Le père demande à chacun d’aller à sa vigne. Le premier accepte et n’y va pas ; le second refuse et il y va. Ces deux fils, en réalité, ne sont qu’un seul personnage en qui chacun peut se reconnaître. Nombreuses sont les circonstances où nous faisons face à des situations que nous refusons et tout aussi nombreuses les situations que nous désirons et auxquelles pourtant nous échappons. Une façon de parler assez analogue se retrouve dans la scène de la Passion telle que Luc nous la présente. On pourrait lui donner pour titre : « La parabole des deux frères ». De part et d’autre de la croix de Jésus, deux hommes sont soumis à même épreuve. Le premier mêle ses injures à celles d’une foule hystérique. L’autre, au contraire, prononce des paroles de piété et de compassion. L’un parle avec un humour noir et désespéré : « Sauve-toi toi-même et nous avec ». Façon de dire : « Nous sommes fichus, tu t’es moqué de nous ! ». L’autre s’exprime tout autrement et, à l’heure de son dernier souffle, regarde l’avenir : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne ». Jésus est à la jointure de ces deux attitudes. Il rejoint l’humanité jusque dans ses contradictions ; sa passion est compassion. Le mauvais brigand lui-même en convient : « Sauve-toi toi-même et nous avec ». « Nous avec » : comment mieux dire que nous sommes rejoints !

Croire, aimer, espérer

« Le Christ, roi de l’Univers ». Cette fête est une épreuve pour la foi. Nous ne sommes pas les fidèles d’un Dieu Tout-Puissant, cause dernière donnant sens à l’univers. Nous croyons qu’en Jésus, Dieu se dépouille de toute espèce de grandeur ou de puissance. Le Dieu de Jésus en qui nous croyons est le Dieu de l’Alliance : non un maître mais un époux. Il épouse notre condition, nos contradictions, nos souffrances, nos faiblesses.

« Le Christ, roi de l’Univers ». Cette fête est un appel à aimer jusqu’au bout. Avant d’entrer à Jérusalem pour la semaine qui déboucherait sur la croix, au moment où sa royauté s’affirmait de manière dérisoire – monté sur un ânon ! – il avait raconté cette parabole du jugement dernier que tout le monde connaît. Au dernier jour, ce roi de l’univers viendra opérer le grand discernement. Il rappellera toutes les circonstances où il aura manifesté sa Seigneurie. Chacun reconnaîtra comment son emprise se sera manifestée sur les sujets que nous sommes. Le sans-abri, le malade, le prisonnier, celui ou celles qui souffre sont des appels à l’aide et à l’amour auxquels nous avons à nous soumettre si nous croyons à sa royauté ; « Jésus en agonie jusqu’à la fin du monde », disait Pascal. Sa passion se poursuit à travers l’histoire ; à nous de faire en sorte qu’elle continue à être, comme sur la croix à Jérusalem, compassion avec tous les déshérités.

« Le Christ roi de l’Univers ». Cette fête devrait faire naître l’espérance. Elle marque la fin d’un temps liturgique et sera suivie d’un temps nouveau. Une année s’achève avec une mort sur la croix. Dimanche prochain commence une autre marche, prélude d’une naissance à Bethléem. Dans la cohérence évangélique, en effet, l’histoire ne peut avoir de terme ; lorsque tout est achevé, tout peut commencer : la mort ne peut avoir le dernier mot. Sur la croix, les dernières paroles de Jésus sont une promesse qu’il adresse à l’un des deux frères dont il partage la détresse : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ! ». Les temps sont durs. L’angoisse grandit dans bien des familles. Ce qu’on appelle « la crise », peut-être nous a blessés. Puissions-nous trouver auprès de nous des visages amis qui, comme Jésus pour le brigand, redonnent à nos vies toute sa saveur. Puissions-nous apporter à ceux qui nous entourent et qui n’en peuvent plus des raisons d’espérer.

Michel Jondot


La joie parfaite

Heures de mépris

François d'Assise imagine qu'un jour de grand vent et de pluie il arrive à la Portioncule, le lieu où sa famille spirituelle prit naissance. François, fatigué par la route, arrive chez lui. Le frère portier ne le reconnaît pas : il fait nuit, et ce pauvre en guenilles ressemble plus à un va-nu-pieds qu'à François d'Assise. François insiste mais l'autre s'obstine et finalement, muni d'un gourdin, le repousse en disant: « Passe ton chemin, va plutôt à l'hospice des lépreux avec tes pairs. Voilà ce que tu mérites.»

« J'aurais beau, dit François, connaître toute la science du monde et même celle du ciel, ce ne serait pas pour moi la joie parfaite. Mais si je suis rendu capable - par grâce - de supporter le mépris de mon frère sans le mépriser à mon tour et sans me révolter, je suis proche de la joie parfaite. Si je supporte tout cela par amour pour mon Seigneur comme lui-même a supporté pour moi les railleries des chefs et le mépris des soldats alors je suis proche de la joie parfaite. Et si, non seulement je supporte l'injustice sans révolte et par amour pour mon Dieu, mais si je suis convaincu que je ne mérite pas d'être autrement traité alors je connais la joie parfaite. »

Heures de joie

Nous n'aimons pas la souffrance ; nous avons du mal à trouver notre joie dans le mépris, l'opprobre et les railleries ; et lorsqu'on nous parle de « joie parfaite » notre chair se révulse. Nous préférons des joies... un peu plus imparfaites et... un peu moins douloureuses !

Jésus, lui, a connu des heures de joie intense qui lui ont fait oublier toute souffrance: il a exulté et rendu grâce à son Père devant le peuple des humbles à qui il a promis le Royaume ; il s'est profondément réjoui de cette amitié solide qu'il a vécue avec Marthe, Lazare et Marie ; il a connu le bonheur de découvrir Zachée, la Samaritaine, Nicodème et tant d'autres ; il a eu le bonheur de faire entrer ses apôtres dans son grand secret ; il a eu la joie de vivre avec Joseph et Marie.

Ces heures de joie, Jésus ne les nie pas ; il se réjouit lorsque nous sommes capables de les accueillir comme un merveilleux cadeau que son Père nous fait. Ces joies toutes simples de l'existence ne sont pas imparfaites pour Jésus. Lorsque des hommes et des femmes chantent leur Dieu et le bénissent pour les joies quotidiennes, Jésus en est parfaitement réjoui !

Mais Jésus ne peut pas se résigner à ce que notre pauvre humanité ne connaisse, sur cette terre, que des joies éphémères. Il veut que la joie envahisse la totalité de notre existence et il invente le moyen de nous donner sa joie aux heures de peine et de souffrance. Tant que la joie n'envahit pas toute notre existence ce n'est pas, pour Jésus, la joie parfaite !

L'Heure de la Croix

Pour que nous puissions connaître la joie en toutes circonstances Jésus - le Fils de Dieu - communie à toute notre existence humaine. Il va jusqu'au bout de notre pauvre humanité : il connaît l'indifférence et la lâcheté dont l'accable ce peuple qui reste là, à regarder le juste que l'on condamne. Il se laisse insulter par les soldats qui l'abreuvent de vinaigre en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. » Il supporte en silence la révolte du larron qui l'injurie: "N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! »

Depuis ce jour nous avons l'assurance de trouver notre Dieu en tout lieu et en toute circonstance ; là où nous sommes méprisés Dieu nous communique son Esprit, là où nous sommes condamnés injustement, Dieu nous rejoint, là où nous mourons Dieu nous ressuscite. L'Heure de la Croix est celle où, au sein même de la souffrance et de la mort, nous communions à la vie de Dieu, toute circonstance est bonne à vivre : celui qui met sa joie en Dieu seul peut connaître la joie parfaite : « Votre joie, avait dit Jésus aux apôtres, personne ne pourra la ravir. »

Dieu, par Jésus mort et ressuscité pour nous, nous donne le moyen de connaître sur cette terre la joie en plénitude mais cette joie nous demeure bien inaccessible. Nous ne connaissons pas cette joie parfaite.

L'heure de la grâce

Nous ne connaissons pas la joie parfaite parce que notre regard n'est pas exercé à reconnaître notre Dieu vivant au milieu de nous en toutes circonstances. Nous ne connaissons pas la joie parfaite parce que nous ne mettons pas notre bonheur en Dieu Seul. Nous ne connaissons pas la joie parfaite parce que... nous ne sommes pas parfaits et qu'il nous arrive d'être davantage du côté du peuple indifférent et lâche, ou du côté des chefs et des soldats méprisants et railleurs à moins que nous soyons du côté du larron qui se révolte et accuse le Messie plutôt que de reconnaître sa propre faute. Nous ne connaissons pas la joie parfaite parce que nous sommes souvent davantage du côté de ceux qui commettent l'injustice que du côté du juste comme Jésus.

Alors, dans un surcroît d'amour, et parce que Dieu décidément ne peut pas se résigner à nous voir dans le malheur, Jésus, à ses côtés, a suscité la prière du bon larron. « Cette souffrance qui est la mienne est juste, reconnaît le bon larron, ce sont mes fautes qui m'ont conduit là. » « Je ne mérite pas d'être autrement traité » disait François d'Assise. "... S'il te plaît mon Seigneur aie compassion de moi ! Fais-moi grâce ! Et par grâce délivre-moi !" Celui qui laisse jaillir de son coeur cette pauvre prière comble Dieu de joie ! En retour, Dieu le comble de grâces et il connaît la Joie parfaite !

Christine Fontaine