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Message de Noël de Monseigneur Michel Sabbah
Patriarche du Patriarcat latin de Jérusalem de 1987 à 2008 (extraits)

Lors de la naissance de Jésus, Dieu a adressé ce message aux bergers qui gardaient leurs troupeaux (Luc 2.8-14) : « Un Sauveur vous est né », et les anges ont chanté l’hymne de paix qui relie la terre au ciel : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre. »




Dieu n’a pas adressé son message aux grands ni aux gens de pouvoir de cette époque. Aujourd’hui, aussi, ce sont les gens ordinaires qui reçoivent le message de Noël. Les prières des gens simples, - des pauvres et des exclus -, sont offertes à Dieu pour ceux qui se disent grands ; puissent-ils ouvrir leur esprit et entendre le message. Par leur joie, leurs prières et leur soutien, les petits viennent aussi en aide à ceux qui sont torturés, opprimés, captifs, à ceux dont la maison a été démolie, à ceux qui sont humiliés par le soldat muni de son arme, le soldat qui oublie qu’il est un être humain et que la personne qu’il humilie est aussi un être humain.




Parmi les grands de ce monde, parmi ceux qui détiennent le pouvoir et font régner l’injustice et la guerre dans notre pays, il en est peut-être qui ont encore la foi et qui prient. Peut-être même certains viennent-ils à Bethléem pour écouter le message du ciel et les hymnes de Noël. Mais ils n’entendent pas. La parole de Dieu est loin d’eux. À ceux qui, avec les grands et les puissants de notre terre, font régner la guerre, Dieu dit, lorsqu’ils se présentent devant lui pour prier : « Le message de Noël n’est pas la guerre, ni en Palestine, ni en Israël, ni dans aucun pays du Moyen-Orient ou du monde entier. »




Aujourd’hui les grands de ce monde proposent aux Palestiniens le « marché du siècle » (1), dans lequel ils leur promettent beaucoup d’argent pour acheter leur liberté et leur indépendance. Ils veulent échanger notre identité palestinienne, notre existence et notre âme contre la promesse de la prospérité. Mais Noël leur dit, et nous leur disons : « Nous sommes des êtres humains, créés par Dieu. Notre dignité nous vient de Dieu, et pas d’un quelconque pouvoir humain. Nous sommes égaux en dignité avec tout être humain, avec tout peuple. Nous sommes plus précieux que tout l’argent du monde. »




Telle est notre prière : « Ô Seigneur, dis aux grands de ce monde que l’être humain, l’Israélien comme le Palestinien, tu l’as fait "de peu inférieur à un dieu, tu l’as couronné de gloire et de magnificence, tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds" » (Ps 8.6-7). Aucun peuple n’a le droit d’annexer un autre peuple et d’occuper sa terre. Personne n’a le droit de dépouiller le peuple palestinien de sa terre et de sa dignité, – quelle que soit la somme offerte.




Cette année, face au « marché du siècle » qui prétend acheter la liberté d’un peuple, le message de Noël depuis Bethléem est un cri vers Dieu, notre Créateur et notre Père.
Ô Seigneur, aie pitié. Ô Seigneur, le message que tu as envoyé autrefois aux simples bergers, envoie-le aujourd’hui à ceux qui détiennent le pouvoir. Ô Seigneur, change les cœurs des grands de ce monde. Éclaire-les pour qu’ils voient et comprennent que les Palestiniens et eux-mêmes sont identiquement créés à ton image et qu’ils ont la même dignité que tu as donnée à tous.




Jésus est né à Bethléem. Priez, croyants du monde entier, pour que Dieu accorde la paix et la justice à la terre de la Nativité, afin que la fête soit complète à Bethléem et sur toute la terre.

Monseigneur Michel Sabbah



1- Donald Trump, a prétendu avoir trouvé la clé de la résolution du conflit israélo-palestinien. 50 milliards de dollars y suffiront. La paix pour la prospérité propose "de construire de nouvelles fondations pour l’économie palestinienne" en mobilisant 50 milliards de dollars d’investissements sur 179 projets. La moitié de cette somme serait investie en Palestine pendant 10 ans et le reste serait attribué à la Jordanie, à l’Égypte et au Liban (conférence de Manama juin 2019). À propos de ce plan, Dominique de Villepin a déclaré : “On n’achète pas l’indépendance d’un peuple, on n’achète pas la dignité d’un peuple. 50 milliards pour fermer sa gueule et accepter d’être dépouillé de ses droits ? C’est ignoble”. / Retour au texte




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Noël année A (2019)