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20ème dimanche du temps ordinaire

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu
Mt 15, 21-28

Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon. Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. - C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.

Nouvelle homélie : Cœur à cœur
Michel Jondot

Apprendre à naviguer à vue !
Christine Fontaine

Un rendez-vous d’humanité
Michel Jondot


Cœur à cœur

Qu’est-ce que croire ?

Les Juifs ne reconnaissent pas en Jésus l’envoyé du Père. Quand ils prient, peut-on dire qu’ils rejoignent Celui que nous appelons Seigneur ? Les musulmans honorent Jésus mais ils refusent de reconnaître qu’il est mort sur la croix : le Dieu en qui ils croient est-il le nôtre ? Depuis le Concile Vatican 2, les catholiques sont invités à rejoindre les hommes de toutes les religions, du judaïsme et de l’islam en particulier. Est-ce à dire qu’ils sont croyants comme nous ? Est-ce à dire que nous avons le même Dieu ? Ces questions nous traversent en un temps où les hordes de Daesh menacent le monde et où musulmans, chrétiens et Juifs se font la guerre sur la terre de Palestine. Qu’est-ce donc que croire ?

On a l’impression que Jésus, à un moment de sa vie, s’est posé cette question-là. Le souci de se soumettre à la volonté de Celui qu’il appelait « Père » l’avait fait marcher sur les routes de Galilée ou de Judée ; il se reconnaissait chez lui au milieu des miséreux qui venaient en foule, dans l’attente d’une parole qui ouvrirait les yeux des aveugles, redonnerait confiance aux pécheurs que la loi excluait, arracherait de l’angoisse les parents dont les gamins ou gamines étaient menacés par la mort. L’Evangile de ce jour nous conduit à un moment qui, sans doute, fut un tournant dans l’évolution de sa conscience humaine. Il franchit les frontières d’Israël pour se retrouver en territoire païen. Les disciples avaient l’habitude d’écarter tous les malheureux qui, sur les routes de Palestine, harcelaient Jésus et criaient au secours : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Hors des limites de leur pays, ils revivent une scène qu’ils connaissaient bien : une Cananéenne, une impure, une chienne, venait des environs, du côté de Tyr et de Sidon, criant à cor et à cri : « Seigneur, viens à mon secours ! »

Franchir les frontières

Il fallait cette rencontre pour que le rabbi entende l’appel du Père à ne pas rester enfermé dans son univers religieux. Il est touché par l’insistance de cette femme qui ne se laisse pas démonter. Certes, Jésus garde ses distances (« je ne suis venu que pour les brebis d’Israël ») mais, grâce aux supplications d’une païenne, il s’aperçoit que les frontières à franchir ne sont pas seulement géographiques. Se laissant toucher, il sort de sa judaïté et rejoint la Cananéenne en un point mystérieux où se croisent le cœur de la femme et le sien. Dieu est plus grand que le cœur humain dira plus tard St Jean qui fut témoin de la scène. Oui, Dieu est plus grand que notre cœur mais c’est dans notre cœur qu’il nous rejoint. La réponse de Jésus le révèle : « Femme grande est ta foi ! » La foi conduit peut-être en ce point où les attentes et les désirs des uns sont aussi les désirs et les attentes de l’autre.

Où est Dieu ? L’Eglise, bien sûr, nous conduit à Lui, mais elle ne peut l’enfermer dans les limites qui la définissent. Certes, certains contours, qu’il convient de respecter, circonscrivent l’ensemble des baptisés et les distinguent dans l’univers. Nous avons nos mots pour parler de Dieu entre nous ; nous échangeons des signes, précieux à nos yeux, que nous appelons des sacrements. Ceci ne suffit pas pour reconnaître la présence de Jésus ; la foi, en effet, ne va pas sans cette force qui pousse hors de l’enclos et qui ouvre aux attentes des plus pauvres de la planète, à leurs cris. La vérité chrétienne est dans cette ouverture : c’est dire que la vérité est l’amour.

Dieu sensible au cœur

Qui est Dieu pour les chrétiens ? La foi se manifeste là où les convictions religieuses poussent hors des frontières et où l’autre cesse d’être sous-évalué, méprisé. Il faut bien reconnaître qu’on ne peut y parvenir sans traverser des difficultés. Parfois des musulmans de notre pays nous traitent de « chiens ». Oui, cela nous fait mal. Mais il est étonnant que cette manière de parler ait été celle de Jésus face à la Cananéenne : « Il n’est pas bon de prendre le pain des petits enfants pour le jeter aux petits chiens ! » En réalité, ce réflexe nous renseigne sur la condition humaine de Jésus : la rencontre de l’autre ne va pas de soi. Il est inévitable que la présence de l’autre fasse mal au premier abord. Il est révélé aussi, dans cette histoire de la Cananéenne, que les cœurs humains peuvent s’ouvrir les uns sur les autres : lorsque ceci se produit, un miracle s’opère comme ce fut le cas « dans la région de Tyr et de Sidon ».

Depuis Vatican 2, bien des chrétiens de notre pays s’efforcent de créer les conditions pour réaliser un véritable dialogue entre les religions. Les louables efforts de beaucoup ne sont pas toujours bien récompensés. Il faut reconnaître que l’autre, bien souvent, reste indifférent devant nos convictions : il nous déconcerte et nous échappe. Un fossé nous sépare qui paraît infranchissable. Pourtant, il faut reconnaître aussi que ce point où les cœurs se rejoignent existe dans notre société. En janvier 2015, un jeune musulman, lors des attentats de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, a sauvé des vies humaines en répondant aux angoisses d’un groupe de juifs en grand danger. Aller vers l’autre pour sauver la vie : tel est le lieu où l’on peut croire que Dieu réside.

Chrétiens, juifs ou musulmans avons-nous le même Dieu ? La question, pour les chrétiens, n’a pas grand sens. Pour notre part rappelons-nous que Celui en qui nous croyons est là où nous sommes capables de dépasser nos impressions et nos convictions pour créer avec tout autre, quel qu’il soit, un monde de justice et de paix.

Michel Jondot


Apprendre à naviguer à vue !

Ceux qui ne sont pas perdus

Les lois d’une nation fournissent des points de repère aux individus qui la composent. Elles définissent le comportement à adopter pour ne pas avoir à encourir de sanctions pénales ou pour défendre son bon droit quand il est attaqué. Elles permettent à chaque individu de vivre avec les autres au sein d’un peuple particulier. Elles fournissent un code de bonne conduite ; ceux qui le suivent ont le droit pour eux : celui d’être honoré à proportion de leur comportement honorable. Nous connaissons tous de ces hommes et de ces femmes qui mettent leur honneur à vouloir appliquer et faire appliquer à la lettre toutes les lois de leur peuple quitte à cacher leurs propres disfonctionnements. On en trouve, par exemple, dans l’Eglise catholique parmi ceux qui s’honorent de ne pas avoir divorcé, de ne jamais avoir avorté ou de ne pas tolérer des comportements homosexuels, parmi ceux qui se vantent de ne jamais avoir volé leur voisin (même s’ils ont par ailleurs un compte en Suisse ou ne déclare pas leur femme de ménage), parmi ceux qui se glorifient - « humblement » - de ne jamais avoir manqué la messe du dimanche et d’avoir fait leurs Pâques chaque année. Ils trouvent leur honneur dans le respect de la loi. A en croire cet Evangile, ce n’est pas pour eux que Dieu vient.

Les brebis perdues de la maison d’Israël

En vérité, Dieu ne peut vraiment rien pour eux. Non parce qu’ils auraient tort de ne pas respecter les lois de Dieu, de l’Eglise ou de la société mais parce qu’ils savent toujours ce qu’il faut faire et ne sont jamais perdus… « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis PERDUES d’Israël », dit Jésus. Il est impossible de répondre à celui qui n’appelle pas puisqu’il prétend savoir d’avance ce qu’il faut faire. Jésus n’est pas envoyé pour ceux qui se murent dans leurs lois et leurs certitudes. Il ne peut rejoindre que ceux qui sont perdus, ceux qui manquent, ceux que les lois excluent : les prostituées, les publicains, les estropiés, les grands blessés de l’existence. « Les publicains (les collecteurs d’impôts) et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu », déclare Jésus dans un autre passage d’Evangile. Vienne le jour où ceux qui s’emmurent dans le respect des lois se sentent briser par une épreuve inattendue : le jour, par exemple, où leur propre fils dira son homosexualité, leur propre fille de 15 ans se trouvera enceinte, leur couple deviendra invivable… En ces jours les lois ne suffisent plus pour savoir quel comportement adopter. Ces jours d’épreuves terribles où l’on se sent totalement perdus sont aussi, à en croire Jésus, jour de grâce où l’on peut grandir en humanité ! Tant que l’appel de l’autre, sa détresse ne font pas lois pour nous, nous sommes hors de prises du salut annoncé par Jésus-Christ.

La femme perdue hors Israël

Mais voici que Jésus se retire vers la région de Tyr et de Sidon. Il franchit les frontières de son peuple et se trouve à l’étranger. En ce lieu, une cananéenne le harcèle de ses cris. C’est une femme manifestement perdue mais elle n’est pas membre du peuple d’Israël. Elle n’obéit pas aux lois qui forgent ce peuple. On s’attendrait à ce que Jésus oublie les frontières d’un peuple pour répondre à l’appel de cette femme. Or en un premier temps, il n’en est rien. La femme le nomme « Fils de David » comme si elle-même était membre à part entière du peuple juif, et Jésus garde le silence. Il refuse de l’entendre même lorsque ses disciples le supplient de lui répondre pour faire cesser ses cris. Jésus repousse vigoureusement cette femme perdue. Et, lorsqu’elle se met à ses pieds, il la traite de « chienne », de moins que rien. Même les pires extrémistes n’oseraient pas employer publiquement aujourd’hui une telle expression pour qualifier une étrangère ! Jésus pose une frontière entre les membres du peuple de Dieu et les autres. Il est venu « pour les brebis perdues du peuple d’ISRAEL » et non pour les autres.

Jésus est-il raciste ? On pourrait le croire. En fait, il pose fermement des frontières entre son peuple et celui des cananéens afin de pouvoir les franchir. Il inscrit de la différence entre son peuple et un autre, entre lui et la cananéenne, pour pouvoir rejoindre cette femme perdue. Il s’agit de sauver la relation de l’indistinction et de la confusion dans laquelle cette femme risque de se perdre à tout jamais. Car c’est bien dans la confusion que cette femme est plongée quand elle implore Jésus en disant : « Aie pitié de moi… Ma fille est tourmentée par un démon ! » ou encore « Seigneur, viens à mon secours ! » On pourrait comprendre que la cananéenne dise « viens au secours de ma fille » ou « Aie pitié de nous »… Mais elle parle de sa fille comme s’il s’agissait d’elle-même. Elle se confond avec sa fille. Elle se perd et perd sa fille en se confondant avec elle. Elle est plongée dans une confusion sans limite pour ne pas avoir posé de frontière entre sa propre vie et celle de son enfant. On comprend alors que la petite soit habitée par un démon qui rend la vie de la mère comme celle de la fille impossible. Jésus marque la frontière, il pose fermement des limites, il inscrit de la différence entre lui et la cananéenne, entre son peuple et celui de la femme. Cette différence étant posée, ils peuvent se rejoindre en vérité. Jésus guérit l’enfant en guérissant la relation de la femme avec lui et par conséquent de la mère avec son enfant. Le démon qui les perdait est définitivement chassé.

Ceux qui naviguent à vue

Ne pas inscrire de lois, de pas mettre de limites ou de différences entre soi et les autres, entre son peuple et les autres c’est se trouver plonger dans la confusion et c’est l’œuvre du « démon ». Mais s’en tenir à des lois, croire qu’elles peuvent suffire pour humaniser une société particulière, c’est se boucher le cœur aux appels des marginaux et des exclus. C’est également l’œuvre du démon. On n’a alors qu’une apparence humaine et un cœur dur comme de la pierre. « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi », disait Jésus aux pharisiens juste avant cet épisode de la cananéenne. A en croire Jésus, on ne peut vivre sans des lois qui marquent des différences et inscrivent des frontières, mais les lois à elles seules ne suffisent jamais à rendre profondément humains. Entre les limites à maintenir et l’appel des autres, Jésus nous apprend qu’il faut aller sans cesse de l’un à l’autre et naviguer pour ne pas être perdus, hors d’atteinte du salut. Bienheureux ceux qui, à la suite de Jésus, acceptent de naviguer à vue !

Christine Fontaine

Cela va de soi

Voilà le moment de l’année où les habitants de nos villes fuient vers des espaces où l’on respire mieux que dans la région parisienne. Il faut prendre le temps d’échapper au stress quotidien, créer les occasions où l’on pourra se parler, s’écouter, assumer nos tâches de parents ou de fils et de filles dont les parents vieillissent. Il faut prendre le temps d’échapper aux exigences d’un monde oppressant. Cela va de soi !

Reviendront bientôt les jours où, comme tout le monde, il faudra préparer la rentrée, organiser son emploi du temps, faire face aux exigences de chaque jour. Dans une civilisation comme la nôtre, il n’est pas question de fuir ses devoirs, cela va de soi.

Nous sommes chrétiens et cela crée des obligations. Si nous sommes aujourd’hui dans une église c’est parce que nous croyons au sacrement de l’Eucharistie, à la fraternité entre les croyants. Il s’agit d’être cohérents avec les choix que nous avons faits en ratifiant notre baptême. Il est bon également de s’interroger sur la manière d’être au service de la communauté chrétienne. Cela va de soi !

Et bien sûr, il convient d’être lucides, de regarder la marche du monde et d’en dénoncer les déviances. Il faut savoir repérer les comportements qui font injure à l’Evangile et s’engager éventuellement pour lutter contre les injustices. Pour un chrétien, cela va de soi.

Quand plus rien ne va de soi

La plus grande partie de nos vies se déroule autour d’évidences que nous partageons avec notre temps, notre société, la sensibilité de l’Eglise à un moment de son histoire. Nous appartenons à une culture qui nous imprègne et nous porte. Mais il est des tournants dans notre existence où plus rien ne va de soi. On est atteint par le chômage, par exemple et tout l’équilibre des jours chavire. Un deuil nous touche, une maladie menace notre vie, nos enfants nous échappent, des comportements ou des propos dans l’Eglise nous heurtent et voilà que plus rien ne va de soi. Une brèche s’opère, une question grave est posée à la conscience, un tournant est à prendre.

C’est une expérience de ce genre que Jésus est en train de vivre. Il avançait dans la fidélité à la foi juive de son temps; il allait à la synagogue chaque samedi. Nourri de la prédication des prophètes qui dénonçaient l’injustice ou le mépris du pauvre, il savait reconnaître la volonté de son Père dans les larmes d’une mère en deuil, d’un père inquiet pour la santé de sa petite fille, dans l’appel des lépreux ou l’attente d’un aveugle. Porter secours aux détresses des enfants d’Israël allait de soi. Mais voilà que les frontières du pays « où tout allait de soi » pour lui sont franchies. Voilà Jésus face à l’inattendu: du côté des païens, hors d’Israël, une femme le supplie. Cela ne va pas de soi et le comportement de Jésus est celui d’un bon juif: «Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël». La maman insiste et la résistance de Jésus est étonnante; elle frise le racisme: «Je ne suis pas venu pour les chiens!». Mais la volonté de cette maman est si tenace que Jésus finit par céder : « Que tout se fasse pour toi comme tu le veux ».

Répondre au désir de l’Autre

Vous rendez-vous compte que cette phrase est étonnante. Elle annonce le jour où Jésus va toucher une autre frontière, celle qui clôt les quelque trente ans de sa vie mortelle. Ce sera au Jardin des Oliviers au moment où plus rien n’ira de soi. Les soldats vont l’arrêter : ce sera le premier acte de la tragédie du Golgotha. Jésus prie son Père: «Que ce calice s’éloigne de moi!». La prière s’achèvera avec les mêmes mots que ceux qu’il adresse à la Cananéenne : «Que tout se fasse comme tu le veux!» Jésus se laisse toucher par la volonté de l’étrangère de la même façon qu’à Gethsémani il se laisse toucher par la volonté de son père.

J’aime beaucoup ce texte. D’abord, il me montre que Jésus est un vrai compagnon d’humanité. Il connaît les limites, les frontières qui sont les nôtres lorsqu’on s’aperçoit que plus rien ne va de soi. La volonté de son Père à laquelle il est soumis ne fait pas de sa vie une vie différente des nôtres. Il découvre son chemin, sa vocation, au fil des rencontres. Son existence n’est pas tracée d’avance; il la cherche, il la trouve là où il ne l’attendait pas.

Ce texte me renvoie à mes propres limites comme à celles de ceux et celles qui m’entourent. Lorsque nos vies se fissurent, nous sommes acculés à tendre l’oreille pour trouver le chemin à suivre. La route n’est pas tracée d’avance mais l’expérience de Jésus me rappelle la volonté d’un Autre, la volonté du Père dont, lors de chaque eucharistie, nous souhaitons qu’elle s’accomplisse: «Notre Père…que ta volonté soit faite». Dieu répond souvent par le silence et nous réagissons comme nous pouvons, avec notre psychologie et notre liberté. Sachons du moins que toute expérience de nos limites, tout effort pour réagir et inventer un chemin, sont des rendez-vous où notre humanité rencontre le mystère de notre Dieu.

Michel Jondot