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A propos d'Arnaud Beltram, gendarme,
attaché à son pays... et à sa religion

Christine Fontaine

Cette réaction - ou d'autres du même genre - circule beaucoup en ce moment sur la toile :
" Le geste héroïque d'Arnaud Beltram n'est pas un "sacrifice" catholique, c'est le geste d'un être humain sensible aux autres. On ne peut pas dire que la moralité soit l'apanage des religions. Fort heureusement, on peut avoir une moralité sans avoir d'ami imaginaire. "
Christine Fontaine se permet d'y réagir.

(1) Commentaires et débats

Ai-je le droit de dire que Martin Luther King était protestant, que Gandhi était hindou, que l'abbé Pierre ou sœur Emmanuelle étaient catholiques, qu'Abd-el-Kader était musulman? Ai-je le droit de dire qu'ils puisaient dans leur propre religion la source de leur énergie ?

Ai-je le droit de dire qu'Arnaud Beltram était catholique pratiquant sans être accusée de faire de la récupération ? Ai-je le droit - moi qui suis chrétienne - de dire que je reconnais une parenté entre Arnaud Beltram qui donne sa vie pour en sauver d'autres et Jésus-Christ crucifié ?

Certes Arnaud Beltram était gendarme et profondément attaché à la France. Mais il était aussi chrétien. Pourquoi ne pas vouloir que ce soit dit ? Pourquoi ne pas accepter que ses différentes appartenances aient profondément forgé sa propre personnalité... comme c'est le cas pour chacun de nous ?

Signaler qu'il était chrétien n'est en aucun cas penser que des non-chrétiens ne sont pas capables d'un tel acte héroïque. Certes " la moralité n'est pas l'apanage des religions ". Mais on peut être religieux et " moral "... autant qu'un athée par exemple.

" Fort heureusement, on peut avoir une moralité sans avoir d'ami imaginaire ", est-il écrit. Je comprends que des non-chrétiens pensent que les chrétiens vivent en plein imaginaire. Cependant pour moi Jésus-Christ n'est pas de l'ordre de l'imaginaire. Ceux qui n'ont pas la foi pourraient-ils respecter de ne pas tout réduire à leur propre expérience ? Croyants ou non, pourrions-nous consentir au mystère les uns des autres ?

Je précise enfin que l'acte d’Arnaud Beltram n'est pas de l'ordre de la morale. Il dépasse toute morale. J'espère que - croyants ou non - nous puisons tous dans nos propres traditions culturelles ou/et religieuses un appel à ce dépassement.

Christine Fontaine
Fusain de Pierre de Grauw