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L'amour est premier, la loi est seconde
Antoine Delzant


Beaucoup de comportements traditionnels sont remis en question aujourd'hui : liaisons avant le mariage, union des homosexuels, fin de vie. Qu'en penser ? Sur quoi appuyer son propre jugement ?
Ce passage d'Evangile et le commentaire qu'en a fait Antoine Delzant peut aider à se faire une opinion.

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Evangile de Jésus-Christ selon Saint Marc (Mc 7,1... 23)

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. — Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. — Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. » Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »

Puis Jésus appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »

Il disait encore à ses disciples, à l'écart de la foule : « C'est du dedans, du cœur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »

Commentaire

Jésus a eu avec certains de ses contemporains un débat formidable concernant la Loi de Moïse et les traditions des anciens. On appelle Pharisiens et Scribes ses adversaires. Ce débat n’est pas secondaire, il met en jeu l’essentiel de la foi.
Pour les adversaires de Jésus, Dieu est celui qui a donné la Loi, qui commande le permis et le défendu ; qui impose des règles de vie. L’intérêt de cette loi est qu’elle assure la cohésion du peuple de Dieu. Si on n’observe pas ces règles de vie, on mérite une punition – voire même un châtiment.

Donc la Loi est ce qu’il faut observer, à laquelle il faut obéir et qui dit le permis et le défendu sous peine de punition. Parmi ces punitions, il y en a une qui est terrible : c’est la peine de mort.

Cette façon de voir les choses donne une bien mauvaise représentation de Dieu ; Il est celui qui « surveille et punit ». Cependant, à condition de ne pas trop s’écarter de la Loi, on est en règle avec Lui et les choses vont à peu près bien.

Ne croyons pas que ces idées aient disparu. Elles reviennent sans cesse. On le voit aisément quand il arrive un malheur à quelqu’un et qu’il dit «  mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive ce malheur ?... » J’étais en règle et cependant je suis puni ! Ce genre de façon de réagir devant le malheur en le considérant comme quelque chose que Dieu permet, et parfois même que Dieu envoie peut être très grave et peut conduire à abandonner toute foi, à abandonner Dieu. Cela provient du fait que le Dieu qu’on s’imaginait comme celui qui surveille, protège et punit est une image encore très grossière de Dieu et qui n’a pas grand-chose à voir avec Lui. Les petits enfants s’imaginent leurs parents comme des êtres tout puissants qui surveillent, protègent et punissent. Mais ils n’ont pas encore une exacte connaissance de leurs parents. Il leur faudra grandir pour connaître vraiment leurs parents et les aimer comme ils sont.

Jésus tout au long de sa vie, s’est efforcé d’aider les gens de son entourage à transformer l’image – la représentation – qu’ils se font de Dieu. Il est tout à fait significatif qu’il donne très souvent comme premier commandement : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu ». Cela veut dire : tu répondras par l’amour à l’amour dont Dieu t’aime, par l’amour et non par la peine.

La base de la vie humaine, ce n’est pas la Loi, c’est l’amour dont Dieu nous aime. C’est pourquoi Jésus fait sans cesse appel au cœur qui est le lieu de l’amour. C’est le sens profond de Jésus – de sa vie, de sa mort. Il vient avec nous, homme comme nous, il vit, il souffre, il vit comme nous. Il vit de l’amour de Dieu et de l’amour des hommes. Il ne nous regarde jamais de loin ? Il n’est pas un surveillant, il ne distribue pas récompenses ou punitions. Il conseille, aide soutient. La base, ce sur quoi s’appuie notre vie, ce n’est pas la Loi mais l’amour de Dieu manifesté par et en Jésus.

Est-ce à dire qu’il n’y a plus de loi, que l’on peut faire ce que l’on veut ? Non. Pour le faire comprendre, je prends un exemple : supposons qu’on ne trompe pas sa femme – c’est défendu par la Loi. Mais a-t-on commencé à l’aimer ? et réciproquement si on aime sa femme, va-t-on la tromper ? Ainsi, il y a des règles de vie – celles que l’Evangile énumère – mais elles n’ont vraiment de sens que si elles sont sous-tendues par l’amour. Si l’observation de ces règles aide à faire vivre ou grandir l’amour alors cette observation rend service. Mais l’observation des règles ne vaut qu’en fonction de l’amour. C’est ce qu’exprime Jésus quand il dit : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi; » Notre critère pour savoir si nos faits et gestes sont bons ou mauvais c’est : ces gestes, ces actions sont-ils au service de l’amour ? Si nous avons constamment cette référence, alors notre vie en est transformée.

Je termine par un exemple amusant pour bien me faire comprendre. Vous êtes en voiture sur la route. A votre gauche, il y a la bande blanche continue – interdit de franchir – sous peine de mort et de risque de ne pas parvenir là où vous allez : c’est la Loi. Maintenant, vous êtes désireux de rejoindre celui ou celle que vous aimez. Vous ne franchirez pas la ligne blanche. Vous avez alors beaucoup de chances d’atteindre votre but. Vous aurez respecté la Loi au service de l’amour.

Antoine Delzant

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