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L'Eglise maintenant
L'équipe "Dieu maintenant"


Sans arrogance et sans timidité, avec les convictions particulières qui sont les nôtres, nous posons sur l'Eglise un certain regard. A travers tous les aspects qu'elle peut prendre, il s'agit de déceler l'ouverture qu'elle permet et que désigne le mot "Charité" : "Tout ce qui ne va pas à la charité est figure..." (Pascal).

(2) Commentaires et débats




L'Eglise après Vatican II

Avouons-le : la génération des chrétiens qui a vécu le Concile voit l'Eglise changer de visage. Certes Vatican II avait créé des clivages. Les mécontents ne manquaient pas. Certains ont manifesté haut et fort leur malaise en suivant Monseigneur Lefebvre et en se repliant sur une Eglise qui frôlait le schisme. Ceux qui s'appelaient « les silencieux dans l'Eglise » faisaient grand bruit. Beaucoup s'inclinaient devant les changements : ils les considéraient pourtant comme des ruptures culturelles qu'ils n'acceptaient qu'avec réticence. La disparition du Grégorien, c'est vrai, était sans doute un dommage et en a fait souffrir plus d'un. Mais la joie était grande chez beaucoup d'autres.

L'oecuménisme prenait un beau visage ; L'Eglise se faisait, selon le mot de Paul VI, « conversation ». Elle cherchait les mots que tous pourraient entendre et les interlocuteurs qui accepteraient de lui répondre. Des chrétiens formés à l'Action catholique ou dans des mouvements de jeunesse s'appliquaient à rejoindre les soucis de l'Eglise. On osait parler, on osait prendre des initiatives. On osait s'engager dans la vie politique ou syndicale sans craindre les foudres romaines. Une plus grande souplesse s'instaurait dans les relations. Le visage du clergé, lui aussi, se modifiait : il cessait d'être distant et devenait fraternel ; l'abandon de la soutane était un beau symptôme, entre beaucoup d'autres, de ce changement. Des prêtres redevenaient présents dans le monde du travail : l'interdit pesant sur eux était bientôt levé. Les jeunes animaient des eucharisties en prenant sans doute quelques libertés par rapport aux rites mais leurs chants, leurs gestuels manifestaient le bonheur de croire. Très vite le renouveau charismatique prenait corps.

Un véritable partage des responsabilités se mettait en place. Le pouvoir n'était plus réservé aux clercs : spontanément, dans les paroisses, des parents rejoignaient les prêtres pour la catéchèse ou l'animation liturgique. Des laïcs s'inscrivaient dans les facultés de théologie pour acquérir une compétence qu'ils comptaient bien mettre au service des communautés. Il est même arrivé que des évêques confient la tâche de prêcher à telle ou telle femme qui en avait la compétence et le charisme.


Les temps ont changé !

Les clivages demeurent mais ils se sont déplacés. Les déçus des réformes liturgiques ont obtenu satisfaction. Le Pape a demandé que partout on puisse retrouver les célébrations d'antan. Les partisans de Monseigneur Lefebvre commencent à se sentir à l'aise : ces incompris de Vatican II sont compris au Vatican de Benoît XVI.

En revanche l'enthousiasme de l'ensemble du monde chrétien, en France et en Europe, s'est évanoui ; les jeunes des années 60, devenus parents, sont déçus ; ils ne savent pas toujours expliquer leur malaise. Ils n'ont pas su transmettre la foi à leurs enfants et eux-mêmes s'ennuient dans les célébrations tant les homélies leur paraissent insipides ! Ils quittent les paroisses et abandonnent leurs engagements, trouvant parfois refuge auprès de quelque gourou chrétien à la mode qui leur donne l'illusion de vivre dans un esprit authentiquement évangélique. La plupart du temps, ils trouvent un engagement de type humanitaire : une générosité agissante prend la place d'une foi vacillante.

Les prêtres des nouvelles générations retrouvent l'allure cléricale et vaguement hautaine des générations de leurs grands parents : costumes noirs et col romain. Ils sont peu nombreux : viennent les assister des prêtres africains qui créent de nouveaux décalages culturels au sein des Communautés. Ils ne savent pas toujours trouver le ton juste lorsqu'ils parlent. Issus d'églises nées dans des structures de type patriarcal, ils reproduisent des modèles qui, aux yeux de beaucoup de personnes du moins, ne passent plus.

Les curés aux allures de « chefs de village » agacent souvent ! Quant aux prêtres européens qui sont en âge d'exercer encore un ministère, ils sont loin de ressembler à leurs aînés qui avaient créé le groupe « Echange et dialogue ». Si quelques uns avaient les tentations d'émettre quelques opinions personnelles, ils seraient vite remis à leur place. D'ailleurs ces tentations sont rares. Il va de soi qu'une décision presbytérale sera d'abord soumise à une approbation épiscopale.

Las de défendre des convictions qui semblent archaïques, des laïques prennent bien conscience qu'il est inutile de faire connaître leur tristesse. Parler serait peine perdue : la cause est entendue. Parler ? Mais à qui ? Ceux qui demeurent encore dans les communautés chrétiennes, ne peuvent plus les comprendre. Parmi le carré des derniers fidèles on peut introduire encore quelques distinctions mais, quelles que soient les tendances, personne ne saurait les écouter. Toutes leurs objections seraient écartées.

Vous vous plaignez que les jeunes ne viennent pas à la messe ? C'est que vous ne savez pas ouvrir les yeux. Regardez les Paroisses confiées aux mouvements charismatiques, l'Emmanuel par exemple, ou la Communauté des Béatitudes. La joie et la ferveur sont grandes dans leurs célébrations. Regardez les Journées Mondiales de la Jeunesse ou les voyages du pape : on ne peut nier qu'ils rassemblent des foules !

Vous déplorez un cléricalisme qui ressemble à la Restauration d'un régime ancien mais regardez le nombre des laïques qui, au sein de chaque paroisse, prennent en mains la catéchèse, la gestion, l'accueil dans les paroisses des demandes les plus diverses, en particulier celles des familles en deuil. Les aumôneries d'hôpitaux ou de lycées sont confiées à des laïques. On voit ces derniers présider la célébration des funérailles.

Fut un temps où le curé décidait tout. Aujourd'hui la quasi-totalité des paroisses est confiée à une Equipe d'Animation Pastorale sans laquelle aucune décision n'est possible.

Un phénomène nouveau apparaît ; si le mariage des prêtres est loin d'être à l'ordre du jour, la multiplication des ordinations de diacres n'est-elle pas un signe d'ouverture ? Des hommes mariés ont accès à l'ordre hiérarchique et prennent leur place dans la prédication du dimanche. Quant aux femmes, on n'hésite plus à leur confier des tâches importantes : elles font partie des conseils épiscopaux et on leur confie des services diocésains. L'Eglise n'est-elle pas plus décléricalisée que jamais ?


Un nouveau cléricalisme

Tout ceci est vrai mais rien de ceci ne doit faire illusion. Malgré les apparences, ce qui reste de l'Eglise manifeste un renforcement de sa structure hiérarchique. Lorsqu'à la fin des années 60 apparaissait l'enthousiasme de groupes charismatiques, on parlait de liberté dans l'Esprit. Très vite, en réalité, les charismes ont fait place à l'Institution. Chaque dimanche, à l'heure des Vêpres, ils applaudissaient leur évêque dans sa cathédrale, Notre Dame de Paris. A Lyon, le Cardinal Decourtray faisait appel à un membre éminent du « Renouveau » pour prendre en charge la communication diocésaine.

Quant aux manifestations de jeunes, leur nombre est certes impressionnant mais leur participation aux grands rassemblements demande à être interprétée. Si on les compte par dizaines de milliers en certaines manifestations exceptionnelles, c'est sans doute qu'une attente spirituelle existe et demeure insatisfaite par le fonctionnement ordinaire des paroisses et des mouvements. D'autre part où trouvent-ils leur épanouissement sinon en acclamant un Pontife qualifié de souverain ?

Oui, le nombre des laïques se multiplie. Mais s'agit-il d'une décléricalisation de l'Eglise ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une cléricalisation des laïques ? Avant le Concile, les chrétiens désireux d'agir s'affrontaient à leurs curés ou leurs évêques ; ils contestaient, fraternellement sans doute, mais énergiquement. On négociait avec l'autorité : l'Eglise était souvent, pour reprendre l'expression de Paul VI, lieu de « conversation ». Aujourd'hui on obéit à l'autorité. Les laïques exerçant des tâches sont mis en place par l'évêque : ils reçoivent de lui, dûment signée et contresignée, une lettre de « mission ». La tâche à accomplir y est minutieusement décrite et les possibilités d'invention en sont bannies : on met en ordre plus qu'on ne fait confiance.

Naguère chaque paroisse avait son style que les baptisés inventaient avec leurs pasteurs ; autres étaient les célébrations de l'église St Séverin, autres celles de La Madeleine, autres celles de Colombes grâce au Père Michonneau, autres encore celles de l'Hay-les-Roses autour d'un Prieuré bénédictin, même si partout le latin était langue officielle. Aujourd'hui l'ambition des évêques consiste à tout faire pour qu'un curé passe d'une communauté à une autre sans que prêtres ni paroissiens s'aperçoivent du changement : une Equipe d'Animation Pastorale est en place, les tâches et le fonctionnement sont soigneusement définis en haut lieu ; le pouvoir octroyé à chacun est bien délimité. Par un effet de pouvoir étonnant, à la diversité a fait place une étrange uniformité.


Une Eglise à l'image du monde

Lorsqu'au début du XXème siècle le modernisme déchirait l'Eglise, Péguy prenait une jolie comparaison. Lorsqu'une éclipse de soleil se produit, aucun point de l'espace n'est à l'abri de l'ombre. De même le modernisme qui touchait toute la société atteignait nécessairement l'Eglise.

Au cours de ces cinquante dernières années, les situations économiques et culturelles ont encore joué sur les restes de chrétienté. Le Concile se tenait en pleine période de prospérité économique ; le monde se sentait à l'abri et on pouvait tout espérer ; ceci déclenchait, juste après Vatican II, l'illusion lyrique de Mai 68. La même liberté qui saisissait la société s'emparait d'un grand nombre de baptisés. La crise économique est arrivée, le chômage a suivi, entraînant la morosité et ce besoin de sécurité sur lesquels jouent les hommes politiques. La morosité spirituelle de beaucoup s'explique peut-être à partir de là. Par ailleurs, il est difficile de ne pas corréler la frilosité qui replie sur le Front National au recentrement sur la hiérarchie qu'on rencontre aujourd'hui.


« Il ne suffit pas d'être catholique »

Nous prétendons qu'on ne pourra jamais réduire l'Eglise à la figure historique qu'elle peut prendre à un moment ou à un autre. Par-delà tous les clivages qu'on peut analyser à travers l'histoire comme à travers une société, celle de notre temps par exemple, le mystère qu'elle a pour mission de manifester est autre que la réalité qu'elle présente au regard du sociologue ou de l'historien.

Péguy l'avait bien compris au moment de l'affaire Dreyfus, à l'heure où l'Eglise était affrontée à un anticléricalisme qui conduirait l'Etat à la mettre à l'écart. Le mot « mission », nous le soulignions il y a un instant, est aujourd'hui attaché aux lettres signées et contresignées dans les évêchés. Ce souci d'organisation intérieure fait son malheur. Il agaçait déjà Péguy.

« L'avenir, écrivait-il, vous apprendra qu'il ne suffit malheureusement pas d'être catholique. Il faut encore travailler dans le temporel, si on veut arracher l'avenir aux tyrannies temporelles ». Il adressait cette réplique à un étudiant du début du XXème siècle. A la même époque, réfléchissant sur ce qu'avait été, quelques années plus tôt, son engagement pour la justice et la vérité dans l'affaire Dreyfus, il écrivait : "...dans tout notre socialisme même il y avait infiniment plus de christianisme que dans toute la Madeleine ensemble avec St Pierre de Chaillot, et Saint-Philippe du Roule, et Saint-Honoré d'Eylau. Il était essentiellement une religion de la pauvreté temporelle." Il ajoute, quelques lignes plus loin : "Les forces politiques de l'Eglise ont toujours été contre la mystique. Notamment contre la mystique chrétienne". Derrière ce paradoxe apparent, se cache une vérité que les baptisés sont en risque d'oublier. Péguy s'explique plus en détail dans cette même oeuvre à laquelle nous avons emprunté cette citation ("Notre jeunesse", Pp 579 à 600) ; à travers le style redondant qu'on lui connaît, tout son développement peut se résumer en ces quelques mots : "Ce qui reste du monde chrétien socialement manque aujourd'hui profondément de charité."


« Tout ce qui ne va point à la charité est figure »

Mais qu'est-ce que « la charité » ? Est-ce la mise en place de structures patronnées par l'Episcopat, destinées à pallier tant bien que mal l'injuste répartition des richesses ? L'Eglise, chacun en conviendra, est plus qu'une ONG cléricale. Sans doute convient-il, pour comprendre ce qu'est la Charité, de se référer aux dernières paroles de Jésus, au cours du dernier repas qu'il prenait avec ses disciples (Jn 13,31-35).

« Mes enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps. Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres ». Jésus prononce ces mots à l'heure où s'achève un compagnonnage. Il a vécu avec les derniers disciples qui lui restent fidèles sous le commandement d'une loi qu'il n'a pas voulu abolir et qui définit une religion bien précise : le judaïsme qui véhicule, on l'oublie trop souvent, la conviction que l'amour de Dieu et l'amour d'autrui ne font qu'un. Ce commandement d'amour n'est pas nouveau. En revanche, la manière dont Jésus l'a vécu est nouvelle. La manière de vivre la relation à l'autre, voilà ce qui distingue le disciple de Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ».

C'était « au moment de passer de ce monde à son Père ». Aimer ses disciples consistait à vivre sur la limite qui sépare ce monde et ce qui le dépasse. Aimer ses disciples jusqu'à la fin  jusqu'à la frontière  revient, en s'adressant avec tendresse à eux (« Mes petits enfants ! ») et au groupe bien cohérent qu'ils constituent, à viser infiniment plus qu'eux et à rejoindre ce qui les dépasse : l'univers tout entier à l'intérieur duquel, les vivants que nous sommes, nous nous mouvons. A la fois limité et sans limite, tel est l'amour qui permet à Jésus de briser les frontières du judaïsme auquel il demeure fidèle, en compagnie de ses amis, et de nous rejoindre par-delà ce qui définit l'ensemble humain où se sont déployées les années de son existence.

Cet amour nous a rejoints : se prétendre disciple de Jésus revient à y entrer. Ce faisant, ceux qui reçoivent l'Evangile constituent un ensemble humain bien défini, repérable sur une planisphère Ils constituent une religion parmi d'autres. Les temps que nous vivons, en Occident, font apparaître qu'aux yeux de la société, la religion catholique a sa place mais au même titre que l'islam ou le judaïsme. Au sein de cet ensemble particulier, les paroles de Jésus indiquent à chacun que la vérité à laquelle il prétend adhérer n'est pas enfermée dans les limites du christianisme. La Charité, la manière d'aimer « comme il a aimé », conduit le croyant à découvrir que sa vérité est hors des limites qui le définissent, dans le passage à l'univers qui l'entoure et dont le visage ne cessera de changer. Tout ce qui ne va pas à une charité de cet ordre n'est qu'un amour imaginaire, une figure de l'amour. "Tout ce qui ne va pas à la charité est figure.(Pascal)


La singularité chrétienne

Il en va de l'Eglise comme de tout ensemble particulier ; elle a ses dogmes, ses lois, ses institutions. Cet ensemble est respectable mais s'il reste replié sur lui-même, s'il n'est pas ouvert sur ce qui n'est pas lui, si le reste de l'univers est à conquérir et non à désirer, elle n'est qu'une force politique comme une autre et les forces politiques de l'Eglise sont contre la mystique. Notamment contre la mystique chrétienne (Péguy). La singularité chrétienne consiste précisément dans cette ouverture universelle qui dépassera toujours l'Eglise et que traduit le mot charité.

Il est trop évident, pour Péguy, que cette possibilité d'ouverture manifestée aux yeux des chrétiens dans le mystère de Jésus circule à travers toute l'humanité; ; elle est ce qui préserve l'humanité de sombrer dans la barbarie. Celui qui écrivait "Notre Jeunesse" la voyait se déployer dans le socialisme de la première heure qui, loin de l'Eglise, refusait l'exclusion de Dreyfus et l'antisémitisme rampant. En revanche, lorsque le socialisme voulut s'attaquer à l'Eglise, défendre ses propres conceptions laïques contre les religieux, la sévérité de Péguy s'est exercée avec autant de rigueur contre ce qu'il considérait comme la décomposition, par le socialisme, de la mystique en politique.


Passer par la porte étroite

En regardant l'Eglise de 2010, en constatant le virage qui - disons-le en prenant le risque de nous tromper - semble conduire à une certaine rigidité, nous n'avons pas la moindre volonté de la contester. Qu'elle s'organise comme s'organise un peuple, une association ou un parti est inévitable. Sans organisation, nulle vie ne serait possible. Mais on sombre dans l'idolâtrie si l'on prend un ensemble particulier pour le tout. L'Esprit se manifeste en vérité lorsqu'il tourne le croyant vers ce qui dépasse l'institution qui le définit et sans quoi cette institution ne serait qu'une force politique comme une autre, étrangère, dit Péguy, à la mystique chrétienne. Contester l'Eglise comme le faisait Jaurès et d'autres, à l'époque qui a suivi l'affaire Dreyfus, serait encore tomber du haut de la mystique et sombrer dans le politique. Lorsque Jésus marchait sur les routes de la Galilée, il ne reniait pas la judaïté qui le particularisait, mais il ouvrait la « porte étroite » qui joint les héritiers d'Abraham avec le reste de l'univers. Comme le dit Paul aux Galates, la Pâque, le passage étroit que visualise la Croix, réconcilie le juif et le non-juif, l'homme et la femme, l'esclave et l'homme libre ; la Pâque se déplace et vient jusqu'à nous ; celui qui répond au signe de la Croix, au signe qui lui est adressé du haut de la Croix et que la foi de l'Eglise lui a appris à discerner, découvre sa vocation. Il est appelé à maintenir ouverte l'institution sur ce qui dépasse tous les particularismes. Il la rejoint là où elle est appelée à ne faire qu'un avec ce qui n'est pas elle, à se tourner vers cette unité qu'elle ne peut cesser de désirer.

Peintures de Soeur Boniface