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17ème dimanche du temps ordinaire

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean
Jn 6, 1-15

Jésus était passé de l'autre côté du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée). Une grande foule le suivait, parce qu'elle avait vu les signes qu'il accomplissait en guérissant les malades. Jésus gagna la montagne, et là, il s'assit avec ses disciples. C'était un peu avant la Pâque, qui est la grande fête des Juifs. Jésus leva les yeux et vit qu'une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait bien ce qu'il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua ; il leur donna aussi du poisson, autant qu'ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit perdu. » Ils les ramassèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restaient des cinq pains d'orge après le repas.

A la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C'est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira, tout seul, dans la montagne.

Nouvelle homélie : Multiplions les pains !
Christine Fontaine

Mystère du don
Michel Jondot

Le pain des pauvres
Christine Fontaine


Multiplions les pains !

Promesses électorales !

On connait les discours des candidats à la présidence de la République. Ils s’engagent à fournir du pain en abondance pour tous. Pour les uns la multitude se réduit à ceux qui ont la nationalité française et dont les voix comptent. Pour d’autres, à les en croire, il y aura quand même un peu de pain aussi pour des étrangers mais il faut agir avec grande prudence car les moyens de la France sont très limités. Pour d’autres encore, il faudra consentir à de rudes efforts pendant un temps mais, au bout du compte, tout le monde sera dans l’abondance. Pour d’autres enfin, il faut abattre le système capitaliste et ce faisant personne ne manquera plus de rien.

Ces promesses ne sont pas propres aux dernières élections. Le peuple n’y croit plus vraiment : il attend de pouvoir constater leur réalisation. Mais ceux qui aspirent à régner savent que c’est pourtant ce qu’il faut dire pour avoir une chance d’être élu.

« Mais Jésus, (après avoir nourri les foules), savait qu’ils allaient l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. » Il fallait quand même bien qu’il s’y attende ! Comment ne pas vouloir pour roi celui qui ne se contente pas de promettre du pain pour tous, mais les nourrit avant même qu’ils aient eu le temps d’avoir faim ? « Quand ils eurent mangé à leur faim, Jésus dit à ses disciples : ‘Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde.’ Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge… » Comment ne pas vouloir que règne celui qui ne se contente pas de nourrir à satiété mais offre du surplus ? Pourquoi Jésus a-t-il multiplié les pains s’il n’était pas candidat à l’investiture suprême ?

Le désir de Dieu et presque rien…

« Où est le roi des juifs qui vient de naître ? » demandent les mages. Et ils le découvrent dans une grotte car il n’y avait pas de place pour lui à l’hôtellerie.
« INRI » « Jésus de Nazareth Roi des Juifs ». Ce qui a été écrit sur la Croix l’est depuis ce jour et pour toujours sur tous nos calvaires.
Jésus était bien candidat à l’investiture suprême mais c’est le cœur de ses disciples qu’il désire investir afin que, comme lui, ils apprennent à multiplier les pains.

« Jésus dit à Philippe : ‘Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?’ (…) Philippe lui répondit : ‘Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain.’ » De fait, c’est incontestable, les disciples n’ont pas les moyens. Mais Jésus, en se préoccupant de nourrir les foules, manifeste que la bonté de Dieu n’est pas une idée en l’air : son Père et lui ont le souci – non seulement de nourrir l’âme des grands mystiques – mais de nourrir le corps de l’humanité entière. Cependant, comment le faire quand on n’en a pas du tout de moyens ?

« André dit à Jésus : ‘Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde !’ » Les moyens de l’enfant sont certes dérisoires cependant on ne part plus tout à fait de rien. Et c’est avec ces tout petits moyens que Jésus va faire des miracles : « Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson tant qu’ils en voulaient. » Le cœur de Jésus est ouvert sur la multitude. Il ne peut pas se résigner à voir des foules affamées. Ce presque rien offert par un enfant lui suffit pour nourrir cinq mille hommes. Pour multiplier les pains, à la suite de Jésus, il faut épouser le désir de Dieu et consentir à reconnaître que nous n’avons pas les moyens : la plupart du temps nous n’avons pas rien du tout ; nous avons seulement presque rien…

Le désir de Dieu et nos pauvres moyens

Devant les foules de migrants qui viennent jusqu’à nous, nous sommes comme les disciples : « Où veux-tu que nous trouvions du pain pour tous ? » Et nous sommes tentés de renvoyer les foules chez elles. Nous n’avons pas les moyens. Puis, si nous sommes honnêtes, nous acceptons de reconnaître que nous avons quand même 5 pains d’orge et deux poissons. Des moyens dérisoires certes mais qui peuvent contribuer à nourrir quelques personnes quand même et donc à chasser de notre pays quelques personnes de moins… Nous ne sommes pas Jésus, et nul d’entre nous ne nourrira 5000 hommes avec deux poissons et 5 pains. Mais en passant par lui, note cœur s’ouvrira à la détresse des hommes et ensemble nous trouverons les moyens. Il suffit pour cela d’épouser le désir de Dieu : sa volonté que personne sur cette terre ne manque de pain.

Jésus est roi et il veut régner sur le cœur de ses disciples. Il veut faire de nous des rois, non pas de ceux qui nourrissent le peuple en fausses promesses pour accéder au pouvoir mais de ceux qui se donnent sans réserve. Nous n’avons pas à suivre l’opinion publique lorsqu’elle veut chasser ceux qui cherchent refuge dans notre pays. Nous n’avons pas à écouter certains politiques qui veulent nous convaincre que 63 millions d’habitants ne pourraient pas sans péril accueillir plus de 9000 réfugiés. Nous n’avons pas non plus à épouser la position de ceux qui opposent les pauvres de nationalité française et ceux qui viennent d’ailleurs sous prétexte que nous avons déjà suffisamment à faire avec « les nôtres ».

Nous ne sommes pas croyants pour adhérer à un prétendu réalisme politique. Nous sommes croyants pour épouser le désir de Dieu que nul sur cette terre ne manque de pain. Nous ne sommes pas croyants pour nous résigner sous prétexte qu’apparemment nous n’avons pas les moyens. Nous sommes appelés à croire que, si nous le voulons, Dieu ouvrira notre cœur et nous donnera sa force pour combattre l’injustice de ce monde. « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » Notre foi se juge à notre accueil des étrangers et de ceux qui ont faim. Ne peut-on espérer de la part des chrétiens des manifestations en faveur de l’accueil des étrangers au moins aussi vastes que celles qui étaient organisées pour défendre la famille ? Nous n’avons pas à suivre l’opinion publique. Au nom de notre foi en Jésus-Christ, nous avons à tout faire pour l’inverser !

Christine Fontaine


Mystère du don

Le prix des choses

J’avais un ami, Pierre, qui portait au doigt deux anneaux, bien qu’il n’ait jamais été marié qu’une seule fois. L’un d’entre eux était une alliance assez ordinaire mais d’un certain prix. L’autre était un anneau en fer blanc. Il se trouvait qu’en septembre 1939, il était fiancé ; mais la date fixée pour le mariage ne tenait plus. Ce marin avait reçu sa feuille de mobilisation et devait se trouver, sans attendre, dans le bateau qui l’emporterait il ne savait où. Le jeune couple réussit à convaincre la Mairie et la Paroisse de célébrer leur union de toute urgence, la veille du départ. Mais ils ne trouvèrent pas une seule bijouterie ouverte pour acheter les alliances. Ils se contentèrent alors de deux anneaux de rideau qu’ils trouvèrent au fond d’un tiroir. Il leur fallut attendre la fin de la guerre pour trouver un signe plus traditionnel de leur mariage. Quand Pierre m’expliqua ces circonstances, il insistait pour dire qu’il était attaché au morceau de métal valant quatre sous, beaucoup plus qu’au bel anneau d’or qu’il avait réussi à trouver au bout de quelques années. C’est avec cette bricole de rien du tout qu’ils avaient, lui et son épouse, posé ce geste traditionnel où l’on donne et reçoit : « Je te donne cet anneau... Je reçois cet anneau... ».

Donner, recevoir, transmettre sans rien attendre mais en sachant accueillir : autant d’actes qui permettent que la vie soit humaine : belle et sans prix. L’échange des biens dans la gratuité change la saveur et le poids des objets ; il transforme la vie.

Le prix et la donation

Une expérience de ce genre peut aider à comprendre le récit de la multiplication des pains. Est-elle vraisemblable cette histoire ? Là n’est peut-être pas la vraie question. Jean, le narrateur, met en valeur cette opposition entre le prix des choses et la donation qu’on en fait. Il nous dit que la question de Jésus n’était pas innocente. Celui-ci commence par se situer à un niveau économique en s’adressant à Philippe : « Où pourrions-nous acheter... ? » Le narrateur précise : « Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. » Il savait, dites-vous, qu’il allait faire un acte spectaculaire ? Si vous croyez cela, vous vous confondez avec la foule qui veut le faire roi. Ils n’ont rien compris et acculent Jésus à se cacher.

En réalité Jésus tente de faire comprendre qu’un monde peut exister qui n’ait pas le seul argent comme moteur. « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain », lui dit-on. Qu’à cela ne tienne ! Vivons avec ce que l’on a sous la main. Mais vivre consiste à recevoir et donner, à créer des liens dans l’acte d’échanger. Jésus reçoit le peu dont on dispose. Il le reçoit non d’un notable mais d’un petit garçon « qui a cinq pains d’orge et deux poissons ». Il le reçoit et il le donne : il pose le geste le plus humain qui soit. Il le fait avec tout l’amour dont il est capable et quand on aime, la faim disparaît. La sagesse populaire l’a compris : on peut vivre d’amour et d’eau fraîche. Le peu de nourriture reçu des mains d’un enfant donné à la multitude est capable d’assouvir la faim d’une foule. Quel est le poids de ce qui a été reçu par chacun ? Le texte ne le dit pas mais la faim est assouvie par l’amour du donateur.

Ils remplirent douze paniers

Un signe est à remarquer. Jésus demande qu’on ramasse les restes du repas. Il faut « douze » corbeilles pour les contenir. Le chiffre est symbolique. Il évoque non seulement le nombre des disciples mais celui de l’Ancien Peuple d’Israël avec ses douze tribus. Il évoque surtout, écrit par l’apôtre Jean, le nouveau Peuple de Dieu. Ce miracle de la multiplication des pains, en effet, est l’ébauche de l’Eglise et de l’Eucharistie. Qu’est-ce que l’Eglise en son fond ? Elle est le lieu où la faiblesse de Dieu manifestée sur le Calvaire est transformée en don. L’anéantissement de Jésus est total ; il ne reste rien de lui, moins que les cinq pains d’orge et les deux poissons d’un gamin. Au jour du Vendredi Saint, l’humanité atteint son sommet ; le corps du Christ, livré à la mort, est donné au monde et le transforme, promettant à chacun la résurrection : « Prenez et mangez, c’est mon corps livré pour vous. »

Nous n’étions pas dans la foule nourrie des mains de Jésus. Dans la mesure où nous sommes croyants, reconnaissons qu’à chacun de nous Jésus se donne. Méditons ce mystère. Dieu est donné aux hommes. « Grâce » est le mot qui désigne ce qui nous est ainsi offert.

Méditons ce mystère et entrons dans la cohérence qu’il suppose. La vie n’est vraiment humaine que là où les échanges entre les personnes est gratuit. L’occasion est bonne pour signaler la noblesse du mariage chrétien. Celui-ci ne tient pas d’abord dans une morale immuable que beaucoup veulent défendre. Elle tient d’abord dans le fait que, dans la plupart des cas, les époux ne sont jamais en dette l’un à l’égard de l’autre. Quel époux songerait à exiger un salaire pour les services rendus à son conjoint ? Cette réalité est sans doute la raison qui a conduit l’Eglise à considérer l’union d’un homme et d’une femme comme un sacrement : se donner à autrui sans rien attendre en retour rend présent l’acte de Jésus se donnant sans condition.

L’occasion est bonne pour songer à nos vrais amis, à ceux dont les services qu’ils nous ont rendus nous paraissent tellement évidents que nous oublions de les remercier. Cultivons l’amitié qui crée entre nous des liens de vraie gratuité.

Et, bien sûr, un récit comme celui-ci donne à réfléchir lorsqu’on constate qu’en réalité l’argent demeure le vrai moteur de l’histoire !

Michel Jondot

Le pain des pauvres

Moins que rien

Tant qu’il reste aux hommes les moyens de s’appuyer sur leurs propres ressources ils ne peuvent reconnaître que ces richesses matérielles, intellectuelles ou morales leur sont données par Dieu. Nous pensons alors que l’homme a en lui-même les moyens de subvenir à ses besoins. Nous faisons de l’homme la source de ce qu’il produit.

Mais qu’advienne cette heure où l’homme se retrouve nu, dépouillé, sans moyen pour faire face à l’épreuve, et il découvre que toutes ses ressources humaines ne constituent pas l’appui solide qu’il escomptait. Heure d’impuissance où l’humanité se découvre sans ressources ! Heure de pauvreté où notre assurance s’écroule !

Philipe et les autres disciples ne vivaient pas, au moment de la multiplication des pains, cette situation extrême. Néanmoins ils n’avaient pas les ressources nécessaires pour nourrir une foule pareille. « Le salaire de deux cents journées n’aurait pas suffi pour que chacun ait un petit morceau de pain. Et Jésus met Philippe à l’épreuve. » Il oblige ses disciples à constater l’impuissance de leurs ressources humaines. Lorsqu’André déclare : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons », cela ne fait qu’accentuer leur manque de moyen. « Qu’est-ce que cela pour tant de monde », c’est dérisoire, moins que rien ! Les disciples n’ont pas les ressources nécessaires pour nourrir une telle foule !

Plus que tout

« Cinq mille hommes et, pour les nourrir, cinq pains et deux poissons ! Alors, Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua. »

Cette nourriture terrestre apportée par un enfant – un jeune garçon – est bien le produit du travail des hommes. Mais à en rester là, il ne peut nourrir qu’un nombre infime de personnes. Alors, Jésus prend les pains, il omet de remercier l’enfant qui vient de lui donner son pain et il rend grâce au Père. Il manifeste par là que cette nourriture terrestre, n’est pas seulement le fruit du travail des hommes mais don de Dieu. Et, miraculeusement, ce moins que rien – cinq pains et deux poissons pour nourrir 5000 hommes - devient plus que tout : « Ramassez les morceaux qui restent, dit Jésus, pour que rien ne soit perdu. Ils les ramassèrent et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge après le repas. »

« A la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. » « Mais Jésus savait qu’ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi. »

Ce jour-là, Jésus a manifesté devant les foules sa toute-puissance. Les disciples ont été « mis à l’épreuve » lorsque, par Jésus, ils durent d’abord reconnaître leur propre impuissance. Mais les foules ne virent que la profusion, le signe éclatant et ce bénéfice à tirer en faisant de cet homme « leur roi ». Alors Jésus partit à l’écart des acclamations de la foule.

Un petit reste

Viendra le jour où Jésus, pain rompu, livré, nu, dépouillé, traversera lui-même l’impuissance totale. Viendra le jour de la Croix. Ses disciples seront à nouveau mis à l’épreuve : celle, cette fois, non seulement de leur propre impuissance mais de celle du « Fils de Dieu ». Ce jour-là Jésus se tournera une fois encore vers le Père pour lui offrir ce qui vient de lui : « Père, je remets ma vie entre tes mains ! » Et cette vie dont le Père est la source, offerte jusqu’au bout « dans l’action de grâce, distribuée » comme on partage le pain, nourrira les multitudes pour la suite des temps.

Ce jour-là l’impuissance de Jésus acceptée jusqu’au bout, jusque dans la mort, se conjuguera avec la Toute Puissance de Dieu. Par Jésus, la Pauvreté devient Richesse de Dieu. Mais les foules et certains disciples ne verront d’abord que l’impuissance et répudieront celui qu’ils ont voulu comme roi. Cependant quelques-uns – un petit reste – seront témoins de la Victoire de Dieu. Ce petit reste pourra à son tour nourrir les multitudes !

Un jour Thérèse d’Avila déclara : Thérèse seule = rien. Thérèse + Jésus = Tout.
Mais cette même Thérèse, un autre jour, traversant une tempête et des inondations pour aller fonder un monastère, s’écria : « Mon Dieu, n’auriez-vous pas pu nous épargner cela ! ». Jésus lui répondit : « Thérèse, tu sais bien que c’est ainsi que je traite mes amis ! » Alors Thérèse répliqua : « Mon Dieu, c’est peut-être pour cela que vous en avez si peu ! ». Un petit reste suffit peut-être, aujourd’hui comme hier, pour nourrir la multitude ! Dieu, en tout cas, nous demande de le croire au moment où les chrétiens font l’épreuve de leur faiblesse dans la société d’aujourd’hui.

Christine Fontaine