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3ème dimanche de Pâques


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc
Lc 24, 35-48

Les disciples qui rentraient d'Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s"était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez&: un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.

Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. »

Nouvelle homélie : Venue à terme
Michel Jondot

L’entre-deux
Christine Fontaine

« Eveille-toi, ô toi qui dors ! »
Michel Jondot


Venue à terme

Mystère de la naissance

Lorsqu’un enfant paraît pour la première fois dans un couple, les jeunes parents sont saisis de joie et d’étonnement. D’où vient ce fruit de leur amour ? Il ne leur suffit pas de dire qu’ils sont les auteurs de la vie nouvelle qu’ils voient jaillir et qu’ils tiennent entre leurs mains comme un trésor. Cette naissance vient de loin ; une naissance est toujours « la venue à terme » d’un temps dont le point de départ n’est pas seulement l’instant de la conception. Ils se penchent sur leur histoire tout entière, cet homme et cette femme quand ils se penchent sur un berceau !

Sans doute se sont-ils rencontrés une première fois sans savoir où menait l’échange de leur regard. Pourquoi se sont-ils lancés dans l’aventure qui s’amorçait alors ? Pourquoi elle et pourquoi lui ? Ils ne savaient pas vraiment où conduiraient les paroles et les promesses échangées : Comment savoir d’où venait l’amour qui commençait à les unir et dont, en réalité, ils n’étaient pas les maîtres ? Comment savoir où il pourrait les mener ?

Leur amour lui-même était une venue à terme. Comment auraient-ils pu se dire leur amour sans les mots d’une langue humaine reçue d’abord en héritage ?

Le terme de l’amour

Le récit de Luc qu’on lit en ce dimanche ressemble à celui d’une naissance. Face à cet être de chair qu’ils voient, qu’ils pourraient toucher de leurs mains, ils sont saisis de joie et d’étonnement : « Dans leur joie… ils restaient saisis d’étonnement. » Toute naissance est un miracle et, au témoignage de ceux qui virent Jésus à Jérusalem ce jour-là, la sortie du tombeau ressemble à un enfantement. La résurrection est un miracle mais il se produit dans la cohérence humaine dont nous avons l’expérience. Cette histoire à Jérusalem est, bien sûr, étonnante. Les Onze ne pouvaient prévoir où les conduirait ce compagnonnage amorcé près d’un lac ou d’un bureau de douane. Sans doute, devant les réactions des Prêtres et des scribes, pouvaient-ils craindre la mise à mort de leur ami et maître. Et voilà que cette venue à terme est un commencement ! D’où cela venait-il ?

Certes, dans leur histoire, tout avait commencé par un échange de regards qui les avait séduits : ils le suivirent et, entre eux l’amitié avait grandi au point que celui qu’ils avaient pris pour un maître s’était fait leur serviteur : « Il les avait aimés jusqu’au bout. » Mais le terme d’un véritable amour, son accomplissement, est un début toujours renouvelé.

Certes, la résurrection amorce une vie nouvelle, imprévisible ; mais elle accomplit l’histoire d’un peuple qui s’est inscrite dans un langage et dans un livre. Le jour qu’ils vivent à Jérusalem, la rencontre qui se noue entre Jésus ressuscité et ses amis, est la venue à terme d’une histoire. Jésus l’avait montré déjà aux disciples d’Emmaüs qui l’écoutent encore. Comme toute naissance la venue au jour de celui qu’on avait enseveli avait été précédée ; ils ne savaient pas déchiffrer les traces du livre de leur peuple dont ils parlaient pourtant le langage. « Esprits sans intelligence… Et partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur interpréta dans toute l’Ecriture ce qui le concernait. » Il insiste encore à cette heure dont l’Evangile nous parle. « Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit… Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Ecritures. » Jésus est l’avenir dont était grosse l’histoire de son peuple.

Enfanter l’avenir

C’est toujours après coup qu’on peut comprendre les écritures. Les premières communautés chrétiennes en ont fait l’expérience : à lire les témoignages des Evangélistes, elles croyaient connaître l’avenir mais il leur aura fallu réentendre à nouveaux frais les paroles de Jésus lorsqu’ils découvrirent que la chute du Temple n’était pas, comme on le croyait, la fin du monde ni le retour du Christ qu’on attendait. La lumière de l’Evangile, en effet, n’est pas celle des devins ou des cartomanciennes et, le siècle passé l’a révélé, les planifications sont dangereuses. Les Evangiles ne dévoilent pas un plan de Dieu. L’avenir, en effet, ne se construit pas sans nous ; il est, sans nul doute, le produit de notre liberté mais, lorsque l’action humaine fait vivre et revivre, le croyant accueille les événements heureux comme un beau fruit que Dieu lui donne. Il se doit aussi de reconnaître que ceux qui nous précèdent et nous entourent sont une sève qui travaille l’histoire comme celle dont l’arbre se nourrit et que nous appelons « Esprit ».

Le Dieu de Jésus n’est pas le grand architecte dont parle Voltaire. Il est cet amour au travail manifesté dans la chair de Jésus : les écritures sur Jésus en sont la trace et la trace de Jésus est dans la suite de Moïse et de tous les prophètes.

Donner chair à l’Esprit

A le suivre, notre vie pourrait donner chair à cette force mystérieuse. A sa suite encore, en Eglise, nous avons à rejoindre les efforts de ceux qui luttent contre les forces de la mort. « Mon heure est venue », disait Jésus. Son heure est la nôtre, celle de l’enfantement. L’histoire est grosse comme une femme dont l’attente touche à son terme. La création n’est pas seulement l’œuvre de Dieu ; elle est tout entière entre nos mains et Paul n’a pas manqué de dire « qu’elle gémit dans les souffrances de l’enfantement ». Au milieu d’un monde qui semble courir à sa perte, gardons le cap de l’espérance. Souhaitons que l’Eglise puisse reprendre à son compte, les mots de Jésus et montrer les traces de la Passion et de La Résurrection : « Voyez mes mains, voyez mes pieds ! »

Michel Jondot


L’entre-deux

Controverse sur les apparitions

Les apparitions de Jésus à ses amis après sa mort en croix sont très controversées aujourd’hui. Il est vrai que les récits ne sont pas cohérents et qu’on aurait du mal à décrire la chronologie des événements. Une certaine lecture consiste à dire que Jésus ne leur est pas apparu comme il est écrit. Ce serait une manière de parler, de mettre en scène une relation invisible entre les disciples et Jésus. Ils auraient reçu une sorte d’évidence intérieure, une force qui les auraient poussés à croire qu’en Jésus la vie a été plus forte que la mort. Mais ils n’auraient rien vu de plus que nous qui croyons que l’esprit de Jésus – l’Esprit-Saint – demeure au cœur de l’humanité et repousse les forces de mort qui l’habite.

Pourtant tous les récits de la résurrection, même si la chronologie en est difficile à établir, insistent sur le fait que c’est bien ce Jésus que les disciples ont connu avant sa mort, ce Jésus qui avait un corps comme le leur, qu’ils ont vu vivant après sa mort. Tous décrivent la stupeur et la crainte qui ont saisi les apôtres, au moins en un premier temps. Dans l’évangile de ce jour, Luc raconte qu’ils « étaient frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit ». Il faut que Jésus leur montre son corps marqué par les traces de la mort, il faut qu’il mange un poisson grillé devant eux pour qu’ils en viennent à oser croire à l’impossible : celui qui était mort est vivant. Il est ressuscité dans son corps : il n’est pas un ange ou un esprit. C’est bien ce Jésus - qu’ils ont connu vivant puis mort - qui est aujourd’hui bien vivant devant eux. Jésus, après sa résurrection, demeure un homme comme eux… En lui c’est l’humanité entière – corps, âme, esprit – qui est passée de la mort à la vie.

L’entre-deux : du visible à l’invisible

Nul d’entre nous n’a côtoyé Jésus comme les apôtres sur les routes de Palestine. Nul d’entre nous n’était présent lorsque Jésus mourut sur la Croix et fut mis au tombeau. Il est, d’une certaine manière, plus facile pour nous que pour eux, de croire en la résurrection de Jésus-Christ. On peut concevoir que les apôtres aient dû passer par ce temps des apparitions entre Pâques et l’Ascension pour, progressivement, en arriver à croire que, par Jésus, la mort a été vaincue.

« Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’était encore avec vous… », leur dit Jésus après avoir mangé le poisson grillé. Jésus ressuscité est bien avec eux ce jour-là et pourtant il parle de ce temps où il était encore avec eux. Le jour de l’Ascension, il leur dira : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Il n’est pas encore avec eux tous les jours comme il va l’annoncer. Le temps de Pâques – celui des apparitions de Jésus – est cet entre-deux où se forge progressivement la foi des apôtres. Viendra le jour où ils n’auront plus besoin de voir Jésus tant ils feront corps avec lui. Le temps de Pâques est celui du passage pour les apôtres entre la personne visible de Jésus et la vie invisible avec lui qui les animera tous les jours par la suite.

L’entre-deux : de l’invisible au visible

On peut concevoir que les apôtres aient eu besoin de ce temps de passage du visible à l’invisible. Mais en quoi, nous qui n’avons pas côtoyé Jésus durant sa vie terrestre, sommes-nous concerné par ce passage ? Nous n’avons pas, comme eux, à lâcher progressivement le visible – ou les visions – pour entrer dans l’invisible de sa vie avec nous. Par la foi, nous y sommes déjà. Nous avons l’eucharistie qui manifeste, pour les croyants, qu’il demeure mystérieusement présent au milieu de nous.

Les apparitions ne nous concerneraient donc pas. Sauf que… nous avons peut-être un autre passage à opérer non plus du visible à l’invisible mais de l’invisible au visible. Lorsque Jésus se manifeste à ses apôtres, il leur montre ses plaies : celles commises par l’injustice, la bêtise et la volonté de puissance des hommes. Il nous l’a dit : il a bien toujours un corps aujourd’hui sur la terre. C’est celui du malade, du prisonnier, du Sans Domicile Fixe et de l’étranger. Ne sommes-nous pas portés aujourd’hui à privilégier la vie invisible de l’Esprit – ce qu’on appelle la prière – plutôt que le service des plus démunis ? Nous encensons le Corps du Christ sur nos autels, certains aiment à prier devant le Saint-Sacrement, mais n’avons-nous pas tendance à oublier parfois ces paroles de Saint Jean Chrysostome : « Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. »

Christine Fontaine

Annexe
Texte de Saint Jean Chrysostome

« Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit : « Ceci est mon corps », et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit : « Vous m‘avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger », et aussi : « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » Ici le Corps du Christ n’a pas besoin de vêtements, d’âmes pures ; là bas il a besoin de beaucoup de sollicitude. [...]

Quel avantage y a-t-il il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d’or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l’affamé et, avec ce qui te restera, tu orneras son autel. Tu fais une coupe en or, et tu ne donnes pas « un verre d’eau fraîche » ? Et à quoi bon revêtir la table du Christ de voiles d’or, si tu ne lui donnes pas la couverture qui lui est nécessaire ? Qu’y gagnes-tu ? Dis-moi donc : si tu vois le Christ manquer de la nourriture indispensable, et que tu l’abandonnes pour recouvrir l’autel d’un revêtement précieux, est-ce qu’il va t'en savoir gré ? Est-ce qu’il ne va pas plutôt s’en indigner ? Ou encore, tu vois le Christ couvert de haillons, gelant de froid, tu négliges de lui donner un manteau, mais tu élèves des colonnes d’or dans l’église en disant que tu fais cela pour l’honorer. Ne va-t-il pas dire que tu te moques de lui, estimer que tu lui fais injure, et la pire des injures ? »

Saint Jean Chrysostome

« Eveille-toi, ô toi qui dors ! »

Sors du sommeil !

Il faut un certain temps, chaque matin, pour sortir du sommeil, oublier les visions imaginaires du rêve, ouvrir les yeux pour discerner la réalité, reprendre pied et se mettre à vivre. Entre la veille et le sommeil, nous faisons l’expérience d’une sorte de passage d’un monde à un autre.

On a coutume de considérer la Résurrection comme un événement qui affecte l’histoire de Jésus : il passe de la mort à la vie. En réalité la résurrection est une expérience qui chamboule l’existence d’un groupe d’hommes. Ils voyaient le monde d’une certaine façon, ils avaient une certaine intelligence de l’Ecriture Sainte. Ils s’en servaient comme d’une lampe pour éclairer leur pas. La loi et les Prophètes leur permettaient de comprendre la vie et la manière de vivre. Voilà qu’ils passent d’une vision à une autre comme on passe du sommeil au réveil. Pascal se demande, quelque part dans les Pensées, si la vie que nous menons n’est pas un rêve, une sorte de sommeil où ce que nous voyons n’est qu’illusion : « Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ? » Ces paroles disent bien ce changement qui s’opère chez les amis de Jésus. Avec la Résurrection de Jésus le monde change d’aspect : les yeux s’ouvrent comme s’ils sortaient d’un certain sommeil.

Ouvre les yeux !

« Leurs yeux s’ouvrirent » nous dit St Luc à propos de ces disciples qui rentrent d’Emmaüs à Jérusalem pour faire part de leur expérience aux apôtres et à leurs compagnons. La vie avait les couleurs du deuil et voilà que le monde autour d’eux est ruisselant de tendresse (« Notre cœur n’était-il pas tout brûlant sur le chemin ?»). Les deux disciples, les apôtres et quelques amis étaient réunis. Ils avaient les pieds sur terre et ils se croyaient bien loin du Père, ce Père dont on leur avait dit qu’il était dans les hauteurs : « Notre père qui es aux cieux ». Jésus leur avait dit aussi : « Qui me voit, voit le Père ». Hélas Jésus était loin, quoi qu’en disent les deux hommes qui reviennent d’Emmaüs.

Et brusquement, ils n’en croient pas leurs yeux : « Lui-même était là au milieu d’eux ». Il était là en chair et en os. Ces Méditerranéens de Palestine savaient bien ce que c’est que le corps. Comme chez les Maghrébins aujourd’hui, saluer un ami c’est le toucher, le prendre dans ses bras. « Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os et vous constatez que j’en ai ». Dans le Nouveau-Testament, un des mots pour dire la Résurrection est le verbe « s’éveiller ». A coup sûr, la scène qu’on lit donne l’impression que jusque-là les apôtres dormaient et prenaient pour des fantasmes nocturnes la silhouette qu’ils avaient devant eux (« Ils croyaient voir un esprit ! »). Jésus s’efforce de leur ouvrir les yeux du corps et les yeux de l’intelligence ; autrement dit il s’efforce de les réveiller : « Voyez mes mains et mes pieds » ; « Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence de l’Ecriture ». Autrement dit encore, le texte d’aujourd’hui nous interdit de réduire la Résurrection à la sortie de Jésus hors du tombeau. Elle nous donne à constater que la Résurrection est à l’œuvre dans le corps des apôtres et des amis de Jésus. Ils sortent d’une certaine vision du monde et de Dieu comme on sort du sommeil pour accueillir un jour nouveau. Il était impossible pour les apôtres de raconter l’expérience de la Résurrection de Jésus. L’expérience était sans équivalent et ils ne peuvent en parler que d’une manière métaphorique. En revanche, ils ne peuvent cacher le changement que l’événement produit dans leur propre chair.

Lève-toi d’entre les morts !

Plus de vingt siècles après l’événement, le chrétien à son tour est invité à sortir du sommeil et à ouvrir les yeux. En réfléchissant sur l’expérience de la Résurrection, l’Eglise en est venue à parler d’incarnation. La parole était auprès de Dieu, elle était Dieu et elle a pris chair. Des hommes l’ont reconnu en côtoyant Jésus jusqu’à sa résurrection. Sur leur témoignage les chrétiens affirment qu’il est bien vrai que l’homme ne peut se prendre pour Dieu. Mais il est non moins vrai que, sans se confondre à lui, Dieu s’est lié à lui au point qu’on ne peut séparer l’un de l’autre. « Montre-nous le Père », disaient les apôtres à la veille de la croix. Jésus leur répondait : « Qui me voit, voit le Père ». Si nous ressuscitons avec lui, nous pouvons dire, qu’en assumant notre condition humaine nous sommes conduits à reconnaître que Dieu est inséparable de notre histoire. Oublier cette évidence revient à se boucher les yeux et à sombrer dans le sommeil.

« Eveille-toi, ô toi qui dors. Lève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera ! »
(Eph. 5,14)

Michel Jondot