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Ethique


On a craché sur lui
Albert Camus

« J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas dérobé mon visage aux ignominies et aux crachats » (Isaïe 50,6)... Alors Jésus s'écria : "Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font!" (Luc 23,34).
Nous n'avons pas besoin de Dieu pour accomplir ce petit chef d'oeuvre qui consiste à cracher sur soi-même ou sur les autres, écrit Albert Camus. "La seule utilité de Dieu, ajoute-t-il, serait de garantir l'innocence..." Mais l'Eglise aujourd'hui dans le monde témoigne-t-elle de cette place de Dieu ? Si ce n'est pas le cas, comment s'étonner que tant d'hommes et de femmes n'aient plus besoin d'elle ? Nous partageons ce point de vue d'Albert Camus, un incroyant. Charge aux croyants de montrer que Dieu ne les a pas laissés seuls et qu'il tient - au moins quelques-uns d'entre eux - à cette place...


Au coeur de l'éthique
Thérèse d'Avila, Pascal et Denis Vasse

Qui sommes-nous, en vérité ? Il n'est pas difficile de se reconnaître dans ces textes de Thérèse d'Avila et de Pascal. Lorsque nous sommes devant autrui, nous donnons à voir nos qualités, les images de nous-mêmes qui nous flattent. « J'ai toujours aimé à faire plaisir aux gens, même lorsque cela m'ennuyait », reconnaît Thérèse d'Avila avec humilité ! « Illusion !», dit Pascal. Thérèse d'Avila parle de point d'honneur, Pascal parle d'amour-propre. Quelle que soit l'expression, l'expérience est la même : le moi se prend pour centre et sombre dans l'imaginaire que les sages et les saints ont su dénoncer bien avant la psychanalyse. Que tombent les images et les masques, que disparaissent ce que Pascal appelle « qualités » et le salut apparaîtra. Sortant de nous-mêmes nous adhérerons à l'autre et nous entrerons dans l'amour ; celui-ci n'est rien d'autre que la vérité qui, sans la charité, selon Pascal n'est qu'une « idole » (le mot, en grec, signifie « image » !). Il s'agit de se laisser enfanter par la parole qui nous fait naître et renaître sans cesse. Ce passage est un saut entre un moi illusoire qu'il convient de haïr à un autre moi où je reconnais, dans la parole qui fait vivre, si j'ai la foi, le don du Père. Le moi découvre alors hors de lui ce qu'il emprisonnait en lui : « L'Autre devient son corps »


La gratuité, une éthique pour notre temps
Antoine Delzant

Faut-il regretter le phénomène de sécularisation ? En réalité Dieu donne à l'homme la capacité de gérer le monde sans se référer à Lui. La sécularisation ne serait-elle pas la marque que Dieu n'attend rien en retour ? Gratuitement, Il donne la capacité d'aimer. Cette notion de gratuité permet de porter un regard neuf sur la Révélation chrétienne. Elle permet aussi d'humaniser la société en faisant passer les relations entre les personnes avant le prix des choses.


L'épreuve du vide
Michel de Certeau

Entre les uns et les autres, le risque est grand d'occulter l'a vérité et, ainsi, d'esquiver l'acte d'aimer. L'autre nous échappe; il cesse d'être l'autre lorsque nous le ramenons à nous-mêmes ou lorsque, sous prétexte de le rejoindre, nous tentons de l'imiter.L'autre nous échappe lorsque nous prétendons le connaître. L'amour peut commencer lorsque, les uns devant les autres, nous prenons conscience qu'en réalité, entre nous une rupture permet à chacun d'exister sans être enfermé dans les images que l'humanité est sans cesse menacée de forger.