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L'Eglise que veulent les jeunes : crédible et authentique
déclaration des jeunes en préparation du synode sur la jeunesse


Un synode des évêques sur la jeunesse se réunira autour du Pape François en octobre 2018. Près de 300 jeunes venus du monde entier étaient réunis à Rome, fin avril, pour préparer ce synode. Un texte final, reprenant les débats, a été rédigé par des jeunes et remis au Pape le dimanche des Rameaux 2018 (1). En voici les orientations principales.

Extraits d'un article de Gauthier Vaillant et Nicolas Senève, publié dans le journal "La Croix" du 26 mars 2018

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(...) Si les jeunes se situent résolument dans l’Église catholique et y sont manifestement attachés, ils n’épargnent pas une institution qui « peut paraître excessivement sévère et moraliste », et dans laquelle il est « parfois difficile de dépasser la logique du ”on a toujours fait comme ça” ».

Avec un franc-parler étonnant, ils critiquent encore
une Église qui « a développé une culture qui se focalise sur les membres de l’institution et non sur la personne du Christ ». Certains jeunes voyant même « les responsables religieux comme déconnectés des réalités et plus intéressés par les tâches administratives que par la recherche de la construction d’une communauté ».

Autre sujet d’insatisfaction pour eux :
la place des femmes dans l’Église, systématiquement abordée dans tous les groupes de travail cette semaine.

Ces critiques, les jeunes ne les formulent pas pour le plaisir. Car ils expriment en même temps le désir d’une Église qui soit un repère et un soutien dans un monde qui les inquiète.
« Dans beaucoup de pays, nous avons peur de l’instabilité sociale, politique et économique », écrivent-ils, citant aussi les migrations forcées, les dérives possibles de la technologie, ou la difficulté d’être chrétiens dans des sociétés qui ne le sont pas, ou plus.

Pour répondre à ces défis, les jeunes disent leur souci que l’Église se rende crédible, non seulement pour le bien des fidèles, mais aussi pour se rendre à nouveau audible à l’extérieur. Cette crédibilité dépendra, selon eux, de sa capacité à reconnaître ses erreurs tels les « multiples abus sexuels » et les « mauvaises gestions financières ».
« Une Église crédible est une Église qui ne craint pas de se montrer vulnérable », résument-ils.

Les jeunes veulent d’ailleurs prendre toute leur part de la tâche pour faire advenir cette Église « rêvée ».
Ils demandent, avec insistance, qu’elle leur confie des responsabilités, à tous les échelons  : « paroissial, diocésain, national et international, et même dans le cadre d’une commission au Vatican ». Bientôt une instance composée de jeunes au Saint-Siège ? Le projet aurait été évoqué devant eux par des cardinaux.

Tous, en tout cas, repartent de Rome heureux de cette expérience inédite. « Ravis d’avoir été pris au sérieux », les jeunes prennent date pour l’avenir :
« Ce serait dommage que ce dialogue ne puisse pas continuer et grandir ! » Une phrase qui sonne comme un avertissement, non seulement pour l’Église, mais pour les jeunes eux-mêmes. « Notre travail n’est pas terminé, prévenait hier Anne Thibout qui prépare, pour l’Église de France, les JMJ de Panama. Il faut maintenant que les jeunes lisent ce texte, le fassent connaître et cherchent à le mettre en œuvre. »

« Si les autres se taisent, si nous, les aînés et les responsables sommes silencieux, si le monde se tait et perd la joie, je vous le demande : est-ce que vous crierez ? », leur lançait le pape hier à la fin de son homélie, signe que François n’entend pas que les Pères synodaux, en octobre, ignorent ce cri que les jeunes viennent de lancer.

Gauthier Vaillant et Nicolas Senève
Vitrail de Geneviève Gallois


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1-Le document final du « pré-Synode des jeunes » sera l’une des sources d’inspiration pour la rédaction de l’Instrumentum laboris, le document de travail du Synode, attendu en mai ou juin.
Seront aussi pris en compte : – le questionnaire en ligne du Vatican, que les jeunes du monde entier ont eu la possibilité de remplir jusqu’à la fin 2017, et qui a reçu 130 000 réponses; – les synthèses nationales, envoyées par les conférences épiscopales, dont chacune a mené ses propres consultations dans son pays ; – Les conclusions d’un séminaire universitaire, qui a eu lieu à Rome en septembre, sur les conditions de vie des jeunes.
Le Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » aura lieu du 3 au 28 octobre.
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