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Noël Sainte famille
Epiphanie Baptême du Seigneur


1er dimanche de l'Avent

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc
Lc 21, 25...36

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste. Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »

Nouvelle homélie :
en ligne ultérieurement

Devant le Fils de l’Homme
Michel Jondot

L'attente du jour
Christine Fontaine


Devant le Fils de l’Homme

Devant le Fils de l’Homme

Vous connaissez-sans doute St Jean Bosco : un prêtre italien qui s’est intéressé aux jeunes délinquants de Turin, au 19ème siècle. Educateur exceptionnel, il fonda une congrégation (les Salésiens) chargée de la formation des jeunes en bien des points du monde ; il fut canonisé au début du 20ème siècle.

Amené à venir à Paris pour des rencontres importantes, trop pauvre pour payer une chambre d’hôtel, il frappa à la porte de la Paroisse de la Madeleine. On accueillit sans grand enthousiasme ce prêtre étranger aux allures particulièrement modestes. Quelques années après sa mort, lorsque s’ouvrit son procès de canonisation on vint interroger, à la Madeleine, les prêtres survivants ayant participé à son accueil. L’un d’eux, un peu confus, dit aux enquêteurs : « En le regardant, on n’a pas vu qu’il s’agissait d’un saint et on lui a offert une chambre de bonne, sous les combles. Si on avait décelé de quel genre de personne il s’agissait on l’aurait logé, pour l’honorer, dans la chambre réservée aux évêques ! »

Il faut du temps pour se connaître

Il est bien vrai qu’il ne suffit pas de rencontrer une personne, de croiser son regard, d’échanger quelques propos avec lui, pour découvrir à qui on a vraiment affaire. Entre le moment où l’on se rencontre et celui où l’on découvre qui l’on est, s’opère tout un travail intérieur où notre regard se convertit. Il faut du temps pour se connaître.

Jésus le savait bien. Au bout de plusieurs années de prédication, personne n’avait vraiment perçu qu’il était l’envoyé du Père. Il était sur cette fameuse esplanade du Temple dont parle l’actualité la plus brûlante. Le peuple était venu à lui. On aimait écouter ce fils d’un charpentier et on espérait le voir guérir les malades qu’il rencontrait. Il était séduisant. Trop séduisant : il faisait de l’ombre aux notabilités de l’époque, scribes ou Pharisiens. On le voyait, on l’entendait, on le suivait mais on ne le connaissait pas.

Il faudra du temps pour le connaître : c’est ce qu’il tente de faire comprendre à ses disciples. On l’interroge sur la fin des temps. Il répond en se servant d’un genre littéraire bien connu, celui des Apocalypses : les éléments du cosmos, des signes dans le ciel, le fracas de la mer sont utilisés pour dire l’inénarrable. A la fin des temps « on verra venir le Fils de l’homme dans la nuée avec grande puissance et grande gloire ». « On verra ! » C’est un futur. Mais à l’instant où il parle, il est bien ce Fils de L’Homme venu avec un amour d’une puissance telle qu’il va donner sa vie et se dépouiller sur la Croix. Le temps dont il parle est celui où les yeux des disciples reconnaîtront qui Il est en vérité, où leur cœur sera bousculé et qu’ils diront, en le voyant « Mon Seigneur et mon Dieu ! » La résurrection n’est pas seulement un événement qui arrive à Jésus ; elle est aussi l’événement qui nous arrive quand notre cœur devient capable de le reconnaître là où il se manifeste aujourd’hui. En ce sens, la fin des temps sera toujours aujourd’hui.

Au cœur de chaque rencontre humaine

« Vous verrez le Fils de l’homme », « Paraître debout devant le Fils de l’Homme » ! « Fils de l’Homme » : l’expression est mystérieuse et belle.

Empruntée au Prophète Daniel, elle dit la Majesté du Messie attendu, sa divinité. Mais en même temps, elle dit la condition de chaque personne humaine. Quel homme ou quelle femme n’a pas un homme pour père ? Si bien qu’en invitant à la vigilance, Jésus laisse entendre que chacun de nous, que chaque personne rencontrée est au lieu même où, si l’on sait discerner, se manifeste la majesté de Dieu. Et pour connaître chacun, il convient de faire attention, de ne pas se laisser prendre par l’impression d’un premier regard. « Tenez-vous sur vos gardes de crainte que votre cœur s’alourdisse. » Si le désir qui habite chacun voit dans autrui un moyen de se servir de lui pour s’enrichir ou accroître son pouvoir, si la rencontre de l’autre éveille la concupiscence, pour parler dans le style des Apocalypse, le ciel risque de lui tomber sur la tête Soyons sur nos gardes, il est une façon de vivre à inventer qui permet, comme l’affirme Jésus, de se « tenir debout devant le Fils de l’Homme » chaque fois que nous sommes devant une personne humaine. « Je suis doux et humble de cœur », disait Jésus. Prenez garde que votre cœur s’alourdisse et n’ayons pas peur, lorsqu’il faut porter secours à quelqu’un de l’héberger dans la chambre que vous réserveriez à l’évêque si vous aviez à l’accueillir !

Noël. Jour de fête et de joie. La joie chrétienne est souvent altérée par la société de consommation. Ne nous y laissons pas prendre. Sauvons le message de ce jour. Nous croyons que Dieu s’est lié à l’humanité d’une manière telle que, si nous nous convertissons, nous le reconnaissons au cœur de chaque rencontre humaine. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur ! »

Michel Jondot

L'attente du jour

Une société de l'immédiat

Quand on peut éviter d’attendre, on n’hésite pas à le faire. L’attente nous paraît inutile, c’est du temps perdu. Notre société se structure pour éliminer l’attente.

Nous sommes à l’époque de la vitesse et de l’immédiat. Le bien est toujours d’aller vite ! On essaye de supprimer la distance et l’éloignement : les moyens de transport les meilleurs sont les plus rapides ; on veut savoir dans l’heure même ce qui se passe d’un bout à l’autre du monde ; on veut, tout de suite, et dans tous les domaines.

Notre société est celle de l’immédiat. Mais, peut-être, est-ce aussi sa limite car à force de ne plus savoir attendre, on ne sait plus vivre. Dès que s’annoncent des signes précurseurs d’un avenir inconnu, on est pris par la peur et l’angoisse. On ne supporte pas l’inconnu ou le délai.

Il y aura des signes dans le ciel, la lune et les étoiles…. Et devant ces signes des hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde. Ces hommes dont parle Jésus sont un peu semblables à nous. Pour eux, les signes d’un changement de temps – des signes qui, en eux-mêmes ne sont pas l’annonce d’un mal, mais d’un avenir différent qui s’ouvre – ces signes sont forcément présages de malheur.

L'angoisse de l'avenir

Des hommes mourront de peur avant même savoir ce qui va arriver. Ils meurent parce qu’ils craignent ce qui va arriver. Ils meurent de peur qu’il arrive quelque chose de mauvais. Ils meurent sans attendre. Pour eux, le malheur n’est pas ce qui peut advenir ; le malheur, c’est qu’il y ait de l’avenir, de l’inconnu qui s’annonce. Des hommes préfèrent la mort à l’attente.

Les uns mourront dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde…mais d’autres se redresseront et relèveront la tête car c’est le signe que leur rédemption est proche.

Ce qui fait sécher de frayeur peut aussi faire vibrer de désir. Les mêmes signes mettent certains hommes dans une angoisse mortelle et ouvrent un désir immense pour les autres. Pour ceux-ci, l’attente est heureuse. La vie et la joie se dessinent par-delà les présages de mort. Ils voient l’avenir qui s’ouvre. L’attente est prometteuse : elle porte les semences d’une vie nouvelle, celle de Dieu. Ils sont éveillés, attentifs, en attente comme l’amoureux qui espère la venue de celle qu’il aime. Ils font confiance en l’avenir qui s’ouvre. Ils espèrent

Le Dieu de l'attente

Nul, jamais, ne pourra échapper à l’attente sans échapper en même temps au bonheur et à la vie Ce discours de la fin des temps a été prononcé il y a deux mille ans par Jésus Il y a deux mille ans, Jésus…Dieu donné aux hommes, Dieu avec les hommes – Emmanuel, comme nous le disons à Noël – Jésus, qui veut le bonheur des hommes, est venu à tout jamais creuser l’attente. Depuis deux mille ans et pour la suite des temps, notre Dieu est un Dieu qui se donne et en même temps se fait attendre

Voilà Jésus, ce jour-là, au milieu de ses disciples, proche d’eux ; et ses amis suspendus à ses lèvres. Jésus est présent… et il se donne à attendre. Celui qui est présent est encore à venir. Il se laisse désirer : il reviendra. Jésus ne se laisse pas tenir dans l’immédiat ou le définitif. Il invite ses amis à ne pas s’en tenir à l’immédiat : « Tenez-vous sur vos gardes de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les soucis du monde présent. » Jésus creuse un écart. Il transforme l’attente en promesse de vie. Il invite à l’espérance.

Le chrétien, à la suite de Jésus, est invité à transformer l’attente en espérance de vie et non en présage de mort et de malheur. Le chrétien est invité à affirmer même quand tout s’écroule qu’il y a encore à attendre. Espérer, ce n’est pas éviter la mort ou prétendre y échapper. Espérer, c’est maintenir l’attente là même où l’on croit que tout est fini.

Christine Fontaine